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Les Etats-Unis veulent renforcer leurs capacités d’espionnage du Web

Le Monde

lundi 27 septembre 2010, sélectionné par Spyworld

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C’est un projet de loi particulièrement ambitieux, qui pourrait changer jusqu’à la nature des services Web que nous utilisons aujourd’hui. L’administration Obama entend demander l’an prochain au Congrès d’imposer à tous les services de communication leur mise en conformité avec les demandes de mise sur écoute des services de police. Facebook, Skype ou encore BlackBerry, devraient ainsi changer la manière dont fonctionnent leurs services, pour que le Federal Bureau of Investigation (FBI) ou la National Security Agency (NSA) puissent mettre sur écoute les communications que ceux-ci font transiter.

Jusqu’à présent, aux Etats-Unis, seuls les fournisseurs d’accès à Internet peuvent se voir ordonner de placer des mouchards ou d’intercepter des communications. Insuffisant, jugent les services de police et du renseignement : lorsque le service crypte les données, comme c’est le cas pour BlackBerry par exemple, la mise sur écoute est impossible. Les forces de l’ordre peuvent accéder au contenu des messages avec une injonction judiciaire, mais cela prend du temps et peut se révéler complexe lorsque le service est localisé à l’étranger.

Le projet de loi envisagé par l’administration Obama tenterait de contourner cette difficulté en imposant à tous les services opérant aux Etats-Unis l’obligation de prévoir la possibilité d’écoutes. Depuis l’attentat raté de Times Square, en mai dernier, les services de renseignement américains ont accéléré leurs demandes : le principal suspect utilisait en effet un service de communication en pair à pair, qu’ils n’auraient pu mettre sur écoute.

CONTRAINTE TECHNOLOGIQUE

Le projet de loi, révélé par le New York Times dans son édition du 27 septembre, provoque la colère des associations de défense des libertés, qui dénoncent un retour en arrière. "En somme, ils voudraient revenir en arrière dans le temps et qu’Internet fonctionne comme le réseau téléphonique", s’inquiète James X. Dempsey, du Center for Democracy and Technology. Les associations soulignent également que cette loi placerait une contrainte technologique et financière lourde sur tout nouvel entrant dans le secteur des services en ligne.

La question de la surveillance des services décentralisés et cryptés s’est également posée de manière accrue cet été, lorsque plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, ont demandé à RIM, le constructeur des BlackBerry, de leur donner les clefs de son système de cryptage. Le constructeur canadien a finalement accepté d’installer des centres de relais en Arabie, permettant au gouvernement de consulter les données transitant sur son territoire sur réquisition judiciaire. Des discussions sont également en cours entre RIM et le gouvernement indien ; en 2008, lors des attentats de Bombay, les terroristes avaient utilisé des téléphones BlackBerry pour pouvoir communiquer sans être écoutés.


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