mardi 17 octobre 2017

Accueil du site > Terrorisme > France > Une première preuve de vie des otages enlevés au Niger

Une première preuve de vie des otages enlevés au Niger

Georges Malbrunot, le Figaro

vendredi 1er octobre 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Al-Jezira a diffusé une photo, authentifiée par les autorités françaises, des otages enlevés il y a deux semaines. Sur un site islamiste, celle-ci est accompagnée d’un enregistrement audio.

Les sept otages -cinq Français, un Malgache et un Togolais- sont assis à même le sol dans le désert. Ils ont gardé leur tenue d’avant l’enlèvement « pour bien montrer que c’est eux », selon l’ex-captif du même groupe, Pierre Camatte, à qui on demandait de remettre ses vêtements avant chaque vidéo.

L’un des otages a le visage flouté : il s’agit de Françoise Larribe, la seule femme du groupe, les djihadistes ayant l’habitude de ne pas montrer de traits féminins dans leurs vidéos. Le visage dissimulé derrière un chèche, un homme en arme se tient debout derrière chacun des prisonniers. Toutefois, assis à l’extrême gauche, l’un d’entre eux ne se cache pas : Pierre Camatte reconnaît Abou Zeid, le chef du commando qui a capturé les employés d’Areva, la nuit du 15 au 16 septembre, à Arlit, dans le nord du Niger. La photo a été diffusée ce jeudi par al-Jezira, la chaîne de télévision panarabe, qui a reçu également un enregistrement sonore qu’elle n’a pas mis à l’antenne.

Selon la chaîne basée au Qatar, quatre des cinq Français enlevés y répondent à tour de rôle à des questions posées en français par un inconnu. « Nous avons été enlevés la nuit dans notre logement (…) par un groupe d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et nous sommes détenus à l’heure actuelle par Aqmi », déclare l’un des otages, après avoir décliné son identité et son âge. Une phrase dictée par les ravisseurs, soucieux d’accroître leur notoriété.

On ignore quand cette photo a été prise. L’absence de barbe chez la plupart des détenus pourrait indiquer que le cliché a été réalisé peu après leur kidnapping. Une certitude : ce cliché constitue la première preuve de vie rendue publique, depuis le rapt. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a ainsi estimé vendredi qu’il constituait « un signe encourageant ». « Pour l’instant nous n’avons reçu aucune revendication d’Aqmi, hormis la revendication de la prise d’otages, il y a désormais près de 10 jours, mais c’est tout, a poursuivi le ministre. Nous attendons avant tout de savoir ce que demandent les ravisseurs ».

Une précédente photo de mauvaise qualité avait déjà été remise aux autorités françaises, trois jours après l’enlèvement. Un élément qui avait alors permis à Hervé Morin d’affirmer avoir de « bonnes raisons de penser que les otages étaient en vie ».

Un médiateur en action

Peu après la diffusion du document, à Paris, le ministère des Affaires étrangères annonçait avoir « authentifié » le document, le Quai d’Orsay y voyant « un signe encourageant, dans la mesure où elle montre tous les otages en vie ». Depuis une semaine, Paris répétait vouloir entrer en contact avec al-Qaida, qui a revendiqué l’enlèvement il y a dix jours. La diffusion de cette preuve de vie est un message envoyé par Aqmi, semblant indiquer sa disposition à négocier.

La prochaine étape devrait être la transmission des exigences des ravisseurs. Une étape qui, selon les spécialistes, se fait sans médiatisation, Aqmi se refusant de rendre publique ses demandes pour ne pas gêner les différentes parties impliquées dans les négociations. Selon le correspondant de l’AFP à Bamako, un médiateur, vraisemblablement malien, serait déjà entré en action.

Les otages sont détenus entre les déserts malien et algérien dans la zone de Timétrine, une région de collines désertiques dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :