samedi 16 décembre 2017

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L’industrie sud-africaine de défense mise sur le high tech pour décoller

Benjamin Neumann, Lexpansion.com, avec AFP

samedi 2 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

L’industrie de défense sud-africaine, qui avait failli disparaître avec le régime raciste de l’apartheid, se refait une santé grâce à des produits de haute technologie de plus en plus appréciés à l’étranger.

L’Afrique du Sud, au 17e rang mondial des producteurs d’armes, reste un acteur secondaire sur la scène internationale, mais elle a quadruplé en un an le montant des contrats signés à l’étranger, à 82 milliards de rands (11,7 Mds USD, 8,6 Mds EUR) en 2009, selon le comité interministériel chargé d’autoriser les exportations. Son industrie de l’armement revient pourtant de loin. A la chute du régime ségrégationniste en 1994, "le secteur a été durement touché par les coupes dans les dépenses de défense", rappelle l’analyste indépendant Helmoed Römer Heitman. Le gouvernement démocratique a privilégié les politiques sociales et taillé dans les budgets de la défense, diminuant de moitié en dix ans les dépenses en armements et équipements.

Depuis quelques années toutefois, les autorités souhaitent redynamiser l’industrie et ont inclu la défense dans leur plan stratégique. "Le secteur est redevenu une priorité du gouvernement. Mais de manière encore plus significative, il y a eu d’importants investissements du privé dans les nouvelles technologies", relève Ivor Ichikowitz, PDG de Paramount, le premier groupe privé de défense du continent.

L’Afrique du Sud s’appuie sur les savoir-faire acquis sous l’apartheid, dont le régime a été soumis à partir de 1977 à un embargo international sur les armes. Cet isolement a contraint le pays à fabriquer en interne les équipements dont il avait besoin pour écraser la résistance et soutenir son engagement militaire en Angola et au Mozambique. "Nous avons connu notre période d’incubation sous l’apartheid", reconnaît Henry Abrahams, un responsable de Mechel, filiale spécialisée dans le déminage du groupe public Denel. "Cela nous a donné une marque de fabrique, des personnels qualifiés et un grand nombre de normes standardisées."

Désormais, le pays vend aussi bien des périscopes d’attaque que des missiles navals, des radars de surveillance ou des véhicules de déminage, dont certains exemplaires ont été présentés récemment à un salon de la défense au Cap. "Pour la première fois depuis de nombreuses années, nous sommes à nouveau capable de jouer un rôle de leader", assure Ivor Ichikowitz, qui mise sur une croissance de 10% du secteur par an. Pour ce faire, l’Afrique du Sud doit devenir encore plus compétitive à l’étranger. Les commandes du plus gros acteur, Denel qui souffre d’un endettement chronique, restent encore à 61 % locales.

"L’Afrique du Sud reste du menu fretin comparé aux industries des Etats-Unis, de l’Union européenne ou de la Chine", souligne Guy Lamb, de l’Institut des Etudes de sécurité (ISS). "En conséquence, l’industrie sud-africaine de l’armement a moins d’options sur les Etats à qui elle peut vendre ses produits ou ses services", ajoute-t-il.

Pour l’instant, le pays est spécialisé dans les petits contrats, très spécialisés, avec de nombreux clients africains (Algérie, Angola, République démocratique du Congo et Madagascar en 2009) mais Ivor Ichikowitz considère que c’est une plate-forme idéale pour grossir. "Au niveau mondial, cette niche ouvre un marché très important, dit-il. Il y a beaucoup de pays en développement dans le monde qui ont exactement les mêmes besoins que de nombreux clients africains sur lesquels nous nous sommes fait les dents."


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