jeudi 19 octobre 2017

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Armement : le Brésil devenu le premier client de la France

Véronique Guillermard, le Figaro

jeudi 7 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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Le pays d’Amérique Latine s’est taillé une place de choix à côté des autres plus grands clients de la France que sont l’Arabie Saoudite et l’Inde.

Avec près de 6 milliards d’euros de commandes de matériels militaires, le Brésil est devenu le premier client export de la France entre 2000 et 2009. C’est l’un des constats du onzième rapport au Parlement sur les exportations d’armements de la France au titre de l’année dernière. Le Brésil du président Lula s’est taillé une place de choix à côté des autres plus grands clients de la France que sont l’Arabie Saoudite et l’Inde. Cela grâce à plusieurs contrats de sous-marins conventionnels de classe Scorpène, d’hélicoptères ainsi qu’à la mise en place d’un partenariat stratégique entre les deux pays.

Nelson Jobim, le ministre de la défense brésilien, a indiqué récemment que Brasilia rendrait public d’ici à la fin de l’année, le nom du constructeur ayant remporté l’appel d’offres pour fournir à l’armée de l’air 36 avions de combat. Un marché de plusieurs milliards de dollars pour lequel s’affrontent le Rafale, le chasseur français construit par Dassault Aviation*, le Gripen NG du suédois Saab ainsi que le F-18 Super Hornet de l’américain Boeing. Les industriels français, sous-traitance incluse, espèrent que Lula confirmera sa préférence pour le Rafale exprimée voici un an, lors d’une visite officielle de Nicolas Sarkozy.

Poids croissant de l’Amérique Latine

L’émergence du Brésil illustre le poids croissant de l’Amérique Latine dont les besoins en matériels militaires neufs mais aussi en modernisation d’équipements déjà en service sont de plus en plus importants. Le dynamisme de ce marché se conjugue à celui des trois grands acheteurs d’armements dans le monde que sont l’Arabie Saoudite, l’Inde et les Emirats Arabes unis. Il tranche, relève le rapport, avec la quasi stagnation des dépenses militaires en Europe où 1,3% du PIB leur sont consacrés contre 4% aux Etats-Unis. Dans ce contexte, la France fait figure d’exception sur le vieux continent où « elle est devenue le premier contributeur » avec des dépenses record de 20,9 milliards d’euros en 2009. Au total, les dépenses militaires ont représenté 1101 milliards d’euros dans le monde l’année dernière (+6% par rapport à 2008 et +49% depuis 2000).

Malgré ce dynamisme apparent, le marché des ventes d’armes a été affecté par la crise financière, surtout dans les pays développés qui cherchent à réduire leur déficit budgétaire. Les budgets défense ne sont plus sanctuarisés que ce soit aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Les industriels redoublent donc d’effort à l’international où la compétition s’intensifie. Dans ce contexte, la France espère signer pour plus de 9 milliards d’euros de contrats cette année contre 8,16 milliards d’euros en 2009 (+22% sur 2008). Ce qui lui permettrait de conforter son rang de quatrième puissance exportatrice d’armements derrière les Etats-Unis, ultra-dominants avec plus de 52% du marché mondial export (autour de 70 milliards d’euros), la Grande-Bretagne (13,4%) et la Russie (8,4%) mais devant Israël (5,3%).

« Equilibrer commande nationale et export »

« Nous espérons nous caler sur ce chiffre récurrent de 9 milliards d’euros hors pic exceptionnel. Nous avons encore du chemin à faire pour équilibrer la commande nationale et celle de l’export », a déclaré Laurent Teisseire, porte-parole du ministère de la Défense en présentant les conclusions du rapport. Et de rappeler que la France dispose d’une offre complète, des hélicoptères de combat Tigre ou de transport NH 90 en passant par le chasseur Rafale, les sous-marins Scorpène ; les Frégates multi-missions FREMM ou encore le bâtiment de projection et commandement (BPC) de type Mistral. Sans oublier les missiles, les équipements électroniques ainsi que le matériel terrestre (VBCI, canon Caesar). A cela s’ajoute un savoir faire reconnu en matière de partenariat et de coopérations avec les industries locales des pays acheteurs.

Les exportations sont cruciales car elles permettent de financer la recherche et technologie, les bureaux d’études et de maintenir une base industrielle domestique et donc l’emploi : l’industrie de l’armement emploie 165.000 personnes en France. Après le creux des années 90, la France a vu le rythme de ses commandes export repartir depuis 2005-2006 puis se redresser depuis trois ans. Paris espère remonter sur le podium mondial. Pour cela, il faudrait que les exportations d’armement progressent encore pour atteindre 10 à 12 milliards d’euros par an, avait estimé en début d’année Laurent Collet-Billon, le directeur général à l’armement (DGA). Un bond des commandes ne sera possible que si plusieurs prospects se concrétisent. Parmi eux, la vente de Rafale au Brésil et aux Emirats arabes unis notamment, de BPC Mistral à la Russie, d’avions ravitailleurs aux Etats-Unis.

* Le groupe Dassault est propriétaire du Figaro


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