lundi 18 décembre 2017

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Londres prend conscience des risques de cyberattaques

Cyrille Vanlerberghe, le Figaro

jeudi 14 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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Les services secrets britanniques envisagent de se doter d’une « capacité de dissuasion » sur Internet.

Iain Lobban est à la tête d’un des trois grands services de renseignements britanniques, le GCHQ (Government Communications Headquarters). Moins connu que le MI5 ou le MI6, le GCHQ est en charge des écoutes électroniques au Royaume-Uni et surveille autant les appels téléphoniques que les e-mails ou l’ensemble des communications par satellite dans le monde. Les grandes antennes de son centre de Cornouailles sont associées au réseau américain d’écoutes électroniques Echelon, dirigé par la NSA (National Security Agency).

Mercredi, pour la première fois, Iain Lobban s’est exprimé en public sur son domaine d’activité devant des spécialistes de la sécurité à Londres. Une intervention en forme de mise en garde.

« Être plus rapide » dans la riposte

Les attaques informatiques contre les infrastructures sensibles en Grande-Bretagne sont « une menace réelle et plausible », a-t-il affirmé, ajoutant que les « risques augmentaient aussi vite que le développement considérable de l’Internet ».

Le discours de Iain Lobban, prononcé dans les locaux de l’Institut international pour les études stratégiques (IISS) à Londres, prend un relief particulier après la découverte récente du virus Stuxnet, qui semble avoir été conçu par une nation souveraine pour s’attaquer aux infrastructures iraniennes, et plus particulièrement aux installations nucléaires. Cet épisode renforce les craintes des nations occidentales sur la vulnérabilité des réseaux informatiques qui pilotent des infrastructures comme les transports en commun, la distribution d’énergie ou d’eau potable. En 2008, le MI5 avait mis en garde contre la capacité des services chinois à s’attaquer au réseau téléphonique de British Telecom.

« Je ne parlerai pas des mesures que nous prenons avec le Security Service (MI5) pour protéger certaines vulnérabilités », a prévenu Iain Lobban, « mais nous devons renforcer ces dispositifs et être plus rapides dans notre réponse à ces attaques. » Chaque mois, les réseaux d’ordinateurs du gouvernement britannique sont la cible directe de 1.000 courriels hostiles, comportant des codes malveillants comme des virus ou vers informatiques, a-t-il révélé.

Iain Lobban estime aussi que la Grande-Bretagne doit sérieusement envisager de disposer de ses propres capacités de cyberattaques, pour se défendre activement contre les menaces et « se doter de moyens de dissuasion » contre les nations hostiles. Il précise toutefois que cette idée n’a rien à voir avec la dissuasion nucléaire, « car des attaques mineures, mais tout de même conséquentes ont lieu tous les jours ». À la différence des formes conventionnelles de conflits, les cyberattaques compliquent grandement les réponses politiques et diplomatiques, a expliqué le directeur du GCHQ, expliquant qu’il n’était « pas impossible, mais très, très difficile » de connaître la source précise d’une attaque informatique.

La prise de conscience au plus haut niveau des risques informatiques liés à la sécurité et la défense est relativement récente en Grande-Bretagne. Ce n’est qu’en 2009 que le gouvernement travailliste de Gordon Brown a décidé de créer un centre opérationnel de cybersécurité, installé sur le centre ultramoderne du GCHQ à Cheltenham. Les conservateurs veulent, depuis, changer l’objectif de cette structure, qui n’était dédiée qu’à l’identification des menaces, en la renforçant avec une capacité de réaction et de défense contre les attaques.


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