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Antimissile : Paris reste réservé et insiste pour un dialogue Otan-Russie

AFP

jeudi 14 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a maintenu jeudi les "réserves" de Paris sur la mise en place par l’Otan d’un vaste bouclier antimissile, insistant en outre sur la nécessité d’un dialogue à ce sujet avec la Russie.

Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a maintenu jeudi les "réserves" de Paris sur la mise en place par l’Otan d’un vaste bouclier antimissile, insistant en outre sur la nécessité d’un dialogue à ce sujet avec la Russie.

"J’ai maintenu mes réserves", a déclaré M. Morin à la presse en marge d’une réunion avec ses homologues de la Défense et des Affaires étrangères sur les grandes orientations de l’Alliance atlantique.

Mais il a laissé entendre que la France ne bloquerait pas, au cours d’un sommet de l’Alliance atlantique prévu les 19 et 20 novembre à Lisbonne, la décision de l’Otan de lancer un système antimissile destiné à protéger les populations des pays membres.

Même si les dirigeants alliés entérinaient "l’idée d’un programme antimissile" protégeant non plus seulement les soldats, mais aussi les villes, "il reste encore beaucoup d’incertitudes technologiques et financières" quant à sa mise en oeuvre, a-t-il cependant précisé.

"Beaucoup d’autres pays souhaitent avoir des clarifications financières", a indiqué le ministre français même si le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen et les Etats-Unis évoquent une dépense de moins de 200 millions d’euros étalée sur 10 ans pour brancher les systèmes européens existants sur les américains.

Quant à la dimension du programme qui serait finalement mis en oeuvre, il n’aurait la capacité, selon lui, que de "faire face aux menaces d’un Etat terroriste doté de moyens nucléaires rustiques".

"Personne ne peut imaginer" que ce bouclier soit destiné à défendre efficacement les villes européennes d’"une attaque massive", a-t-il estimé.

Pour le ministre français, le bouclier antimissile ne peut donc être qu’un "complément" à la dissuasion nucléaire.

"C’est un peu comme la ligne Maginot" pour les Français avant leur défaite en 1940, "cela (le système antimissile) pourrait donner aux Européens le sentiment d’assurer leur sécurité sans engager de dépenses" importantes pour leur défense, a-t-il poursuivi.

"La meilleure façon de se faire respecter c’est de détenir un arsenal de dissuasion crédible", a-t-il lancé.

Selon un diplomate français, l’Allemagne est en désaccord avec ce point de vue français, soutenant que le bouclier antimissile a vocation à être un "subtitut" à l’arme atomique, ce qui a bloqué jusqu’à présent la décision de l’Otan.

M. Morin a affirmé que son homologue allemand, Karl Theodor Zu Guttenberg, n’avait jamais prononcé le mot "substitut" et avait toujours au contraire reconnu le rôle des arsenaux nucléaires.

"Il peut y avoir des discussions au sein du gouvernement allemand", a-t-il cependant reconnu, dans une allusion transparente aux positions du chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, qui plaide en faveur du désarmement atomique et du développement en parallèle d’un bouclier antimissile.

Le ministre français a par alleurs souligné la nécessité de "dialoguer" avec Moscou sur la défense antimissile.

"On ne peut pas vouloir construire un espace de paix et de sécurité sans en discuter avec la Russie", a-t-il dit.

Les questions de sécurité figurent à l’ordre du jour d’un sommet tripartite franco-germano-russe qui a lieu le 18 octobre à Deauville (Normandie, ouest de la France).


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