samedi 21 octobre 2017

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Le Pentagone se tient prêt à répondre à WikiLeaks sur l’Irak

Le Monde, avec AFP et Reuters

lundi 18 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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Le Pentagone a affecté une équipe de 120 personnes pour se préparer à la diffusion par le site WikiLeaks d’une masse de documents liés à la guerre en Irak, attendue ces prochains jours. Le site Web pourrait en effet, très prochainement, rendre publics plus de 400 000 notes, fiches et mémos classés confidentiels.

Le colonel Dave Lapan, porte-parole du département états-unien de la défense, a déclaré à l’agence Reuters que le plan de diffusion de WikiLeaks restait flou, mais que le Pentagone se tenait prêt à réagir dès lundi ou mardi. Selon ce responsable américain, le Pentagone saurait quels documents WikiLeaks s’apprête à diffuser, ce qui permettrait d’évaluer plus rapidement les conséquences potentielles de leur publication.

Si le conflit en Irak n’est plus présent au premier plan du débat public aux Etats-Unis, la diffusion de ces documents pourrait rouvrir les polémiques sur certains des aspects les plus sensibles du conflit, notamment le scandale des sévices infligés à des détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraib. Une source proche de l’affaire évoque aussi des documents qui pourraient contenir des révélations sur les victimes civiles.

En juillet, le site créé par Julian Assange avait rendu publics plus de 70 000 documents liés à la guerre en Afghanistan et provoqué un débat sur le risque que cette diffusion faisait courir aux soldats américains et à leurs alliés et informateurs afghans.

IMPACT MESURÉ DE LA FUITE SUR L’AFGHANISTAN, SELON LE PENTAGONE

Selon CNN et le New York Times, Robert Gates, le chef du Pentagone, juge dans une lettre du 16 août adressée au sénateur Carl Levin que la divulgation de ces documents confidentiels n’avait pas fait émerger d’information sensible. "L’examen ne revèle à ce jour pas de mises en péril de sources sensibles ou méthodes du renseignement du fait de la publication", ajoute le secrétaire à la défense. Il souligne en outre que la révélation des noms d’Afghans qui coopèrent avec les Etats-Unis, et peuvent de ce fait devenir des cibles pour les talibans, pourrait causer "des dégâts ou du mal aux intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis".

L’enquête ouverte par le Pentagone et l’armée américaine pour identifier la source de WikiLeaks se focalise sur Bradley Manning, qui a aussi travaillé sur l’Irak en tant qu’analyste militaire. Manning, actuellement en détention, a d’ores et déjà été inculpé pour avoir transmis une vidéo classée sur une attaque menée en 2007 depuis un hélicoptère qui avait fait une dizaine de morts en Irak, dont deux journalistes de Reuters.

Depuis quelque temps, le site WikiLeaks connaît des difficultés. Son fondateur, Julian Assange, fait l’objet d’une enquête judiciaire après des accusations d’agression sexuelle en Suède. Il a en outre indiqué au quotidien britannique The Guardian que le groupe Moneybookers, organisme de paiement en ligne utilisé pour récolter des dons, avait fermé son compte en août après la publication des documents sur l’Afghanistan.


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