mercredi 18 octobre 2017

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La CIA reconnaît des manquements lors de l’attentat de Khost

Reuters

jeudi 21 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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La CIA a reconnu mardi qu’une série de manquements avait permis à un prétendu informateur de commettre l’attentat suicide qui a couté la vie à sept de ses agents, le 30 décembre, à Khost en Afghanistan.

Au terme d’une enquête interne, l’agence de renseignement évoque entre autres des avertissements restés lettre morte au sujet du kamikaze, un agent double qui appartenait aux services secrets jordaniens, et des lacunes dans les procédures de sécurité.

Khalil Abou-Moulal al Balaoui, qui était parvenu à convaincre la CIA de son utilité dans la traque des membres d’Al Qaïda, a été invité sur une base américaine de Khost, ville de l’Est de l’Afghanistan proche de la frontière pakistanaise. Une fois face à ses interlocuteurs de la centrale, il a mis sa charge à feu.

"Il était introduit dans les cercles extrémistes, ce qui rendait une relation avec lui potentiellement très productive, s’il avait agi de bonne foi. Mais il n’avait pas renoncé à ses antécédents terroristes. Il s’agit en fait d’un odieux assassin", explique Leon Panetta, directeur de la CIA, dans une note adressé au personnel.

PERSONNE À BLÂMER EN PARTICULIER

L’enquête, poursuit-il, a révélé que l’agence n’avait pas fait le nécessaire pour cerner Balaoui. Mais l’erreur la plus grave est sans doute celle de l’agent de la CIA en Jordanie, qui n’a pas relayé les inquiétudes exprimés par les services de renseignement jordaniens.

"Les Jordaniens ont mis en garde contre Balaoui. Ces inquiétudes ont été mises en regard des informations qu’il avait déjà fournies et de sa capacité potentielle à nous mener jusqu’au plus hauts responsables d’Al Qaïda", a justifié un membre des services de renseignement américains.

Immédiatement après l’attentat, le directeur de la CIA s’est fait l’avocat de ses agents, accusés de manquements aux règles de sécurité.

Dans une tribune publiée en janvier par le Washington Post, il expliquait que le kamikaze avait mis sa charge à feu alors que les gardes s’apprêtaient à le fouiller. Personne n’ignorait les risques et la question n’est pas de savoir si on devait faire confiance à une source potentielle de renseignement, ajoutait-t-il.

Dans sa note de mardi, Leon Panetta juge que personne au sein de l’agence n’est à blâmer en particulier pour les manquements qu’il reconnaît. "Ces erreurs ont été commises du fait de défaillances dans divers secteurs d’activité de l’agence, dont la communication, la documentation et la supervision", explique-t-il, précisant avoir approuvé récemment 23 mesures pour y remédier.

Jean-Philippe Lefief pour le service français


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