lundi 11 décembre 2017

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Mystérieuse explosion sur une base secrète iranienne

Adrien Jaulmes, le Figaro

samedi 23 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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La responsabilité du Mossad est évoquée dans ce nouvel « accident » touchant une installation ultraprotégée des pasdarans.

Disparitions ou morts inexpliquées de scientifiques, défaillances techniques en tous genres, mystérieux virus informatiques, les programmes militaires et nucléaires iraniens subissent régulièrement des accidents qu’il n’est guère vraisemblable d’attribuer au seul hasard.

La triple explosion survenue le 12 octobre dans une base secrète de missiles des pasdarans, les gardiens de la révolution, est la dernière d’une longue série de revers et d’accidents, qui ont tous en commun de toucher les capacités de frappe stratégiques et les programmes nucléaires de l’Iran.

Située près de Khorramabad, dans la province du Lorestan, dans l’ouest de l’Iran, la base Imam Ali est un vaste complexe souterrain de galeries abritant des rampes de lancement de missiles Shahab-3. Dispersés dans des tunnels creusés sous les montagnes de Zagros, les missiles sont ainsi protégés d’une éventuelle attaque aérienne pendant le remplissage de leurs réservoirs en carburant liquide, phase la plus délicate précédant le tir.

Missiles à portée de Tel-Aviv

Le relief escarpé, les difficultés d’accès, et sa proximité avec la frontière occidentale de l’Iran en font un site idéal. La base Imam Ali dépend des brigades al-Hadid, unités chargées des armes balistiques stratégiques au sein des pasdarans, qui forment une véritable armée parallèle, chargée notamment des programmes militaires les plus avancés.

Des batteries de DCA et de missiles SAM défendent ce site ultrasecret, dont les missiles, d’une portée d’environ 2 000 kilomètres, sont accessibles au tir d’Israël, mais aussi des bases américaines d’Irak. Selon les spécialistes, les missiles Shahab-3 auraient pu avoir été modifiés pour emporter plusieurs ogives, technique typiquement utilisée pour l’emploi éventuel de charges nucléaires afin de multiplier les cibles.

Selon le site Menapress, une série d’explosions auraient été entendues par les habitants des villages voisins, qui ont cru à un raid aérien israélien.

Guerre de l’ombre

Les autorités iraniennes ont nié qu’il puisse s’agir d’une audacieuse opération secrète, et ont expliqué que l’explosion avait été causée par « un feu survenu dans un dépôt de munitions voisin ». Le bilan officiel de 18 morts et d’une dizaine de blessés pourrait cependant être beaucoup plus lourd.

La responsabilité du Mossad, les services secrets israéliens, est de nouveau envisagée. D’autres analystes parlent d’un raid aérien. Mais, comme il est d’usage dans la guerre de l’ombre que se livrent israéliens et iraniens, personne n’a évidemment revendiqué quoi que ce soit.

Quels qu’en soient les responsables, cette dernière série d’explosions dans l’une des installations les plus secrètes et les mieux protégées d’Iran, est un coup sérieux porté à Téhéran. Elle affaiblit les capacités de riposte à longue portée de l’Iran dans l’éventualité d’une attaque contre ses sites nucléaires.


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