mardi 12 décembre 2017

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Facebook accusé de collaborer avec la police italienne

Benjamin Ferran, le Figaro

vendredi 29 octobre 2010, sélectionné par Spyworld

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Le magazine L’Espresso affirme qu’un accord secret a été noué entre la police et le réseau social, pour que les enquêteurs puissent accéder aux profils sans attendre une décision de justice. Les autorités démentent.

L’hebdomadaire L’Espresso y voit déjà « l’atteinte la plus lourde aux droits des internautes jamais réalisée » dans le pays. Selon des sources jugées « fiables » par le magazine italien, un accord « secret » a été signé par Facebook, pour permettre à 400 policiers spécialisés dans les enquêtes sur Internet d’accéder aux informations des membres du réseau social. La police pourrait ainsi agir « de façon arbitraire » sans attendre une décision de justice, écrit le magazine de sensibilité de gauche.

Jusqu’alors, l’autorisation de la justice était indispensable pour s’infiltrer dans les profils. Ce pacte, présenté comme « une première en Europe », viserait à accélérer le déroulé des enquêtes, notamment dans la lutte contre la pédopornographie, les escroqueries par phishing, les vols de données et l’usurpation d’identité des personnalités publiques. Quelque 17 millions d’Italiens sont inscrits sur le réseau social.

Le démenti de la police et de Facebook

Dans un communiqué de presse, le directeur de la police postale et des communications, Antonio Apruzzese, a rapidement démenti les informations de L’Espresso. Les enquêteurs ne peuvent accéder aux données des internautes qu’« après avoir reçu l’autorisation d’un magistrat », a-t-il souligné, expliquant n’avoir « aucune possibilité d’espionner les utilisateurs ». « Nous ne pouvons ni entrer dans les ordinateurs, ni dans les boîtes aux lettres électroniques », a-t-il encore affirmé. « Cela ne nous a même pas traversé l’esprit », a-t-il assuré.

Le directeur de la police des communications a néanmoins confirmé la venue récente de responsables de Facebook en Italie il y a quelques semaines, à la suite de contacts passés ces derniers mois. Cette rencontre aurait servi à informer les autorités locales du fonctionnement du réseau social, et à dresser une « ligne directrice » pour mieux coopérer, après l’accord de la justice. Contacté par LeFigaro.fr, Facebook a relayé ces explications de la police italienne.

Des informations confirmées « mot pour mot »

Dans un nouvel article publié vendredi sur son site Internet, L’Espresso a toutefois maintenu « mot pour mot » ses informations, se rangeant lui aussi derrière des sources policières. Le magazine cite notamment les déclarations d’un « haut dirigeant » de cette division de la police, qui se serait rendu aux États-Unis, au siège de Facebook, pour nouer l’accord. Ce haut gradé aurait expliqué que la collaboration avec Facebook permettait bel et bien « d’éviter de formuler une demande à l’autorité judiciaire » pour « permettre d’agir très rapidement ».

L’affaire ne devrait quoi qu’il en soit pas en rester là. Interrogé par l’hebdomadaire, un sénateur du Parti démocrate italien, Vincenzo Vita, a indiqué qu’il allait rédiger une question parlementaire au gouvernement sur le sujet. D’après L’Espresso, les services secrets n’ont pas attendu pour « infiltrer sur Internet, sans aucune autorisation de l’autorité judiciaire, les mouvements d’opposition ou de supporters de football ».


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