samedi 16 décembre 2017

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Les Etats-Unis ne "négocient pas avec les terroristes"

Eric Leser, le Monde

vendredi 20 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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Dans le rôle du grand ennemi des Etats-Unis, Oussama Ben Laden a été supplanté, depuis quelque temps, par Abou Moussab Al-Zarkaoui, le commandant d’Al-Qaida en Irak, et par le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. En faisant diffuser une cassette jeudi 19 janvier, le chef d’Al-Qaida est revenu sur le devant de la scène. Les réactions officielles ont été plutôt sobres. Le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a affirmé que Ben Laden "était un homme traqué". Il a ajouté : "On ne négocie pas avec les terroristes, on les met hors d’état de nuire. Les terroristes ont commencé cette guerre, et le président l’a expliqué clairement, nous la finirons au moment et où nous l’aurons choisi."

Dans un entretien prévu de longue date sur la chaîne de télévision Fox News, le vice-président américain Dick Cheney a déclaré "ne pas être sûr de ce qu’il propose comme trêve". "Je ne pense pas que qui que ce soit puisse le croire. Cela semble être une sorte de stratagème", a-t-il ajouté. Après en avoir fait l’adversaire à abattre au lendemain du 11-Septembre, Washington minimise aujourd’hui l’importance de Ben Laden. Parce qu’elle est incapable de l’éliminer et que son principal problème est en Irak.

MENACES HABITUELLES

L’annonce d’attaques en préparation sur le sol américain n’a pas conduit l’administration à augmenter le niveau d’alerte. Les menaces sont habituelles dans les messages des dirigeants d’Al-Qaida. En outre, le gouvernement et les services de sécurité ne cessent de répéter aux Américains que de nouveaux attentats sont inéluctables. Peter King, le président de la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants, estime que "Ben Laden cherche à montrer qu’il est toujours là et à se justifier". La nouveauté est cette offre d’une trêve si les Etats-Unis retirent leurs troupes d’Irak et d’Afghanistan.

A la fin 2005, l’ambassadeur des Etats-Unis au Pakistan, Ryan Crocker, estimait que l’influence d’Oussama Ben Laden et d’Ayman Al-Zawahiri se limitait à leurs messages diffusés de temps à autre. Traqués en permanence, cachés dans les régions montagneuses isolées à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, les contacts avec le reste du monde leur seraient presque impossibles.

Le bombardement du 13 janvier dans la zone tribale de Bajur, au Pakistan, illustre la volonté américaine d’obtenir des succès. Dix-huit civils sont morts, ainsi que trois membres présumés d’Al-Qaida. Il s’agirait notamment d’Abdul Rehman Al-Misri Al-Maghrebi, un gendre d’Al-Zawahiri, et de Midhat Mursi Al-Sayed Omar, un expert en explosifs.


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