lundi 18 décembre 2017

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PJLF 2011 : Le renseignement stratégique (Hélios II, MUSIS)

Assemblée Nationale

dimanche 7 novembre 2010, sélectionné par Spyworld

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Priorité vitale pour les armées, le renseignement stratégique est principalement axé autour d’un programme emblématique, les systèmes satellitaire Hélios, mais aussi autour d’un ensemble de programmes secondaires très utiles aux forces.

1.– Le programme Hélios II

Le programme Hélios II dont les études de faisabilité ont été lancées en 1992 doit prendre le relais des satellites de la première génération et apporter un certain nombre de progrès opérationnels : les capacités de prise de vue et de transmission ainsi que la résolution des images doivent être améliorées. Ces satellites disposent également d’une capacité d’observation infrarouge de façon à permettre l’observation de nuit et le recueil d’indices d’activités.

Le programme Hélios II comprend la définition, le développement et la réalisation de deux satellites de deuxième génération. À ce jour, seules l’Espagne et la Belgique ont rejoint le programme, pour des participations très faibles de 2,5 %. Le savoir-faire de la France en matière de satellites d’observation est reconnu par ses partenaires. Le développement du démonstrateur Spirale, destiné à préparer les futurs satellites d’alerte avancée, permettra d’accroître encore cette prééminence.

Le lancement d’Hélios II A s’est déroulé le 18 décembre 2004 et celui d’Hélios II B, initialement prévu pour décembre 2008, a eu lieu avec une année de retard, en décembre 2009. Le satellite a été mis en service en avril 2010. Pour accéder à l’imagerie « tout temps », la France a initié des projets de coopération avec l’Italie (l’accord Cosmo-Skymed a été signé en juin 2005) et l’Allemagne (projet SarLupe) qui reposent sur le principe de l’échange de capacités, c’est-à-dire par un partage du temps d’utilisation des satellites optiques développés par la France et des satellites radars développés par l’Italie et l’Allemagne.

Le programme Hélios II est estimé à plus de 1,5 milliard d’euros aux coûts des facteurs de janvier 2004. Au titre du budget 2011, les autorisations d’engagement s’élèvent à 7,1 millions d’euros et les crédits de paiement à 4,3 millions d’euros.

2.– Le projet MUSIS d’observation spatiale

Dans une logique de coopération européenne et afin de remplacer d’ici six à sept ans les systèmes existants (satellites français Hélios, systèmes radar allemand et italien SAR-Lupe et Cosmo-SkyMed), l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la France recherchent au travers du projet MUSIS à se doter d’un moyen d’observation spatial incluant une composante spatiale sous autorité française avec trois satellites, deux composantes radar et une composante optique champ large.

Toutefois, en l’absence d’accord européen finalisé et afin d’assurer la permanence de ses capacités d’observation spatiale, la France vient de décider, en octobre 2010, de lancer seule la réalisation de la composante optique sur la base de deux satellites seulement. Par rapport à Hélios II, MUSIS apportera une meilleure résolution et une augmentation importante du nombre d’images accessibles quotidiennement sur les zones souhaitées.

Les deux satellites seront placés sur une orbite héliosynchrone quasi-polaire : le premier assurera les missions de reconnaissance tandis que le second, en orbite plus basse, assurera la mission d’identification en réalisant des images de plus haute résolution.

Commandés cette année, les deux satellites seront lancés en 2016 et 2017. Astrium (EADS) sera maître d’œuvre des satellites, Thalès étant maître d’œuvre des instruments. En 2011, les autorisations d’engagement pour ce coûteux programme s’élèveront à 1,121 milliards d’euros ; 115,3 millions d’euros de crédits de paiement sont également inscrits dans le projet de loi de finances.

3.– Les principaux autres projets en matière de renseignement

En complément au programme Hélios, le ministère de la Défense développe également plusieurs autres programmes dont les plus emblématiques sont les suivants :

- la rénovation des deux Transall C160 Gabriel qui permettra notamment, l’écoute d’une plus grande gamme d’émetteurs radio, l’extension des capacités de détection et d’analyse des radars modernes. Le premier avion rénové a été livré en 2009, le second le sera en 2011 ;
- la livraison de la nacelle de reconnaissance Reco-NG. Fixable sous un avion, cette nacelle dispose de capacités améliorées par rapport à la génération précédente : elle permet les prises de vue de jour comme de nuit, à très basse altitude en infrarouge. Ses informations peuvent être recueillies en temps réel ou différé. La nacelle qui est intégrée aux Rafale marine répond aux exigences de tenue aux chocs à l’appontage et au catapultage. Les forces, qui devaient recevoir en 2010 six nacelles sur les vingt commandées, ont dû se contenter de quatre exemplaires. En revanche, six livraisons sont prévues en 2011, les huit dernières devant arriver ultérieurement ;
- la mise en œuvre du drone Male (moyenne altitude, longue endurance) qui permettra l’illumination laser et le recueil de renseignement avec transmission de données directe et relayée par satellite. Équipé de capteurs beaucoup plus précis que ceux actuellement utilisés, il pourra, grâce à son autonomie estimée à une vingtaine d’heures, travailler de jour comme de nuit. Les documents budgétaires du ministère de la Défense, comme les industriels, évoquent une perspective 2018-2020. (cf. supra)

L’ensemble de ces programmes justifiera l’inscription au budget 2010 de 522,6 millions d’euros d’autorisations d’engagement et de 149,3 millions d’euros de crédits de paiement.


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