lundi 18 décembre 2017

Accueil du site > Défense > France > Défense : les arbitrages difficiles de Juppé

Défense : les arbitrages difficiles de Juppé

Isabelle Lasserre, le Figaro

mardi 16 novembre 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Alain Juppé participera vendredi et samedi au sommet de l’Otan.

Nommé à la tête d’un ministère à la fois sensible et prestigieux, Alain Juppé ne manquera pas de chantiers d’envergure à la Défense. Le premier, et le plus difficile, sera sans doute le budget. Arrivant au plus fort de la modernisation de la défense nationale lancée par le Livre blanc en 2008, le nouveau ministre devra repousser ou assumer les nouvelles contraintes budgétaires inhérentes à la crise.

Coupes dans les programmes, arbitrages difficiles : les années qui viennent ne seront pas les plus faciles à vivre pour la défense. Quant à la loi de programmation militaire (LPM) qui couvre les années 2009-2014, beaucoup estiment qu’elle a déjà fait naufrage…

Dans l’immédiat, Alain Juppé, qui succède au centriste Hervé Morin, participera vendredi et samedi au sommet de l’Otan, à Lisbonne, qui doit se prononcer sur l’avenir et sur la modernisation de l’organisation, vieille de 61 ans. Alors que l’Alliance atlantique doit entériner sa participation au bouclier antimissile, Paris devrait joindre sa voix à celle de ses alliés, tout en rappelant cependant que la dissuasion nucléaire est incontournable.

C’est d’ailleurs, avec la réintégration du commandement intégré de l’Otan, l’un des sujets sur lesquels Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ne sont -ou en tout cas n’étaient- pas d’accord. L’an dernier, le maire de Bordeaux avait en effet signé, avec Michel Rocard, un appel au désarmement nucléaire.

De la dissuasion à l’Afghanistan

Cet alignement sur « l’option zéro » prônée par Barack Obama avait à l’époque fait grincer bien des dents en France, où la dissuasion est considérée comme l’assurance-vie de la nation et la garante de l’indépendance nationale. Depuis, il est vrai, le nouveau ministre de la Défense a rajouté beaucoup d’eau dans son vin… À l’Hôtel de Brienne, l’ancien premier ministre devra également envisager l’avenir des forces françaises en Afghanistan, à l’heure où les États-Unis réfléchissent à une stratégie de sortie progressive. Paris maintient depuis plusieurs années environ 4.000 hommes sur place. Et depuis 2001, cinquante soldats français sont tombés en Afghanistan.

Le nouveau ministre devra par ailleurs mettre en œuvre le partenariat de défense historique signé au début du mois entre Londres et Paris. Enfin, il devra gérer des dossiers industriels lourds, comme la vente des Rafale au Brésil…


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :