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Données privées : Google engage le bras de fer avec le gouvernement américain

Estelle Dumout, ZDNet France

lundi 23 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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Dans le cadre d’une loi sur la protection de l’enfance en ligne, le ministère de la Justice exige de Google des données sur les requêtes de ses visiteurs. Lequel refuse au nom de la protection de la vie privée. Ses concurrents ont accepté.

Google résiste aux exigences de l’administration Bush, qui veut avoir accès aux données de consultation du moteur de recherche. Le ministère de la Justice (DoJ) demande à la société de lui fournir un échantillon, pris au hasard, d’un million de requêtes tapées par ses utilisateurs au cours d’une semaine. Ainsi qu’un second échantillon, composé d’un million d’adresses de sites web recensées par le moteur.

Il agit dans le cadre d’une procédure destinée à prouver l’utilité de la loi sur la protection en ligne de l’enfance ("Child Online Protection Act COPA"), très contestée par de nombreux organismes. Déclarée inconstitutionnelle sous sa précédente forme en 1998, elle oblige les sites internet à prendre toutes les précautions techniques pour empêcher les mineurs de tomber sur des contenus pornographiques.

Les données réclamées serviront à vérifier la fréquence à laquelle les internautes tombent sur des contenus pornographiques et à mesurer l’efficacité des filtres mis en place pour empêcher l’accès à ces contenus, selon l’expert nommé par le gouvernement.

Pas de danger pour la vie privée selon ses concurrents

Sous le coup d’une citation à comparaître, Google estime que cette demande est « abusive ». « Nous avons longuement discuté avec eux (le gouvernement, Ndlr) pour essayer de résoudre ce problème, mais nous n’y sommes pas parvenus et nous avons l’intention de résister vigoureusement à leur demande », explique à CNET News.com Nicole Wong, directrice juridique de Google.

Des demandes similaires ont été envoyées l’été dernier à ses principaux rivaux, Yahoo, MSN et AOL, qui tous y ont répondu favorablement, à des degrés divers. Yahoo a garanti n’avoir fourni aucune donnée personnelle permettant d’identifier ses utilisateurs. « Nous défendons très vigoureusement la vie privée de nos utilisateurs », précise Mary Osako, porte-parole du groupe.

De son côté, Microsoft a expliqué dans un communiqué « s’être conformé aux requêtes pour obtenir des données afin d’aider à protéger les enfants, mais de manière à garantir la protection de la vie privée de [ses] clients ».

Même son de cloche chez AOL : « Nous avons donné au DOJ une liste générique de requêtes anonymes formulées [sur le moteur de recherche], mais pas de résultats, portant sur une période d’environ une journée », a expliqué un porte-parole. « Il n’y a absolument aucune implication pour la vie privée. »

Google, mine de renseignement sur les internautes

Les associations de défense des libertés civiles félicitent Google pour sa prise de position. Car même si dans les faits, le gouvernement ne demande aucune donnée qui permette l’identification des internautes, certains experts craignent que ce type de requêtes ne soit la porte ouverte à des dérives plus graves.

« Je suis heureux que Google se soit dressé dans cette affaire pour protéger la confidentialité de ces informations », affirme Kurt Opsahl, l’un des avocats de l’Electronic Frontier Foundation. « Mais je suis déçu de voir les autres moteurs de recherche accepter de fournir ces données sans même se battre. »

Il ajoute toutefois que Google devait s’attendre à de telles requêtes, au vu de la somme monstrueuse de données qu’il collecte sur les visiteurs de ses sites et sur leurs habitudes. « Google a une gigantesque base de données qui permet de connaître les détails les plus intimes de votre vie », prévient-il. « Ce que vous lisez, ce que vous recherchez, ce qui vous inquiète, ce que vous appréciez. Les gens devraient avoir la possibilité d’utiliser les outils modernes comme les outils de recherche sans avoir peur que "Big Brother" ne regarde par-dessus leur épaule. »

Avec Declan McCullagh, pour CNET News.com


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