dimanche 10 décembre 2017

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Un faux Taliban leurre les services secrets britanniques

AFP

vendredi 26 novembre 2010, sélectionné par Spyworld

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Selon plusieurs journaux, les renseignements britanniques ont soutenu un faux Taliban pour négocier les pourparlers de paix avec les responsables américains et afghans. L’imposteur était en réalité un simple gérant de boutique.

Les services de renseignements britanniques MI6 ont parrainé et financé l’imposteur qui s’est immiscé dans les pourparlers préliminaires de paix en Afghanistan en se présentant comme haut responsable taliban, ont indiqué vendredi le Times de Londres et le Washington Post.

L’imposture avait été révélée mardi par le New York Times.

Des agents du MI6 ont versé à cet homme des centaines de milliers de dollars, convaincus qu’il s’agissait d’un haut responsable taliban disposant de l’autorité suffisante pour négocier avec les responsables américains et afghans au nom des insurgés.

"Les services de renseignements britanniques ont fait preuve de naïveté et de notre côté nous avons pris nos rêves pour des réalités", a affirmé au Times un haut responsable afghan.

Le MI6 a cru avoir affaire au mollah Akhtar Mohammed Mansour, un ex-ministre du gouvernement taliban et bras droit du mollah Omar, et l’ont amené à Kaboul à de nombreuses reprises, d’après le Times.

Selon des responsables afghans cités par le Times, il a notamment participé à une réunion au palais présidentiel avec le président Hamid Karzai. Ce dernier a cependant démenti.

Dans une interview au Washington Post, le chef de cabinet du président afghan, Mohammad Umer Daudzai, a confirmé que les Britanniques avaient parrainé l’intrus, démasqué par un officiel Afghan.

"La leçon à tirer est que les partenaires internationaux ne doivent pas s’exciter trop vite avec ce genre de choses (...) et que les Afghans savent mieux comment traiter ce genre d’affaires", a-t-il souligné.

L’ancien représentant américain à Kandahar Bill Harris a indiqué au Times que l’erreur n’était pas de la seule responsabilité des Britanniques, en affirmant "qu’une stupidité de ce genre est généralement le résultat d’un travail d’équipe".

Le commandant américain en Afghanistan, le général David Petraeus, a admis mardi la possibilité d’une imposture. "Au cours des derniers six à huit mois, il y a eu différentes tentatives d’ouverture (...) de la part de différents hauts responsables talibans", a-t-il cependant ajouté, précisant que certaines de ces approches "sont considérées comme authentiques".

Tous les contacts sont à un niveau "très préliminaire" et "constituent au mieux des pourparlers au sujet de pourparlers", a ajouté le général.

Le faux leader taliban, qui selon le Washington Post serait un simple boutiquier de la ville pakistanaise de Quetta, se serait entretenu à trois reprises avec des responsables de l’Otan et de l’Afghanistan.

La semaine dernière le mollah Omar avait nié toute participation des talibans à des négociations de paix.

Un porte-parole du Foreign Office n’a pas voulu confirmer ni démentir l’affaire. Il a souligné que "la réconciliation était un processus mené par les Afghans" mais que les Britanniques "pouvaient fournir une aide matérielle pour faciliter les initiatives visant à une réconciliation afghane".


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