mardi 24 octobre 2017

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Obama a ordonné de l’espionnage au Canada

QMI

lundi 29 novembre 2010, sélectionné par Spyworld

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L’administration Obama a ordonné à ses diplomates d’espionner certains gouvernements et dignitaires étrangers, y compris ici au Canada, afin de fournir des renseignements biographiques importants à la CIA, l’Agence centrale de renseignement américaine.

C’est ce que révèlent certains des quelque 250 000 documents diplomatiques obtenus par le site WikiLeaks.

Depuis dimanche après-midi, le contenu de ces mémos secrets entre la Maison Blanche et les ambassades américaines a commencé à être diffusé sur les sites internet de certains médias qui ont collaboré avec WikiLeaks, dont le quotidien britannique The Guardian, The New York Times et le journal allemand Der Spiegel. Le journal Le Monde s’est également associé à cette démarche.

Parmi les 250 000 documents diplomatiques hautement privés, on retrouve exactement 1958 messages diplomatiques provenant de l’ambassade américaine à Ottawa.

La directive émise en juillet 2009 aux ambassades des États-Unis dans le monde entier, y compris celle d’Ottawa, demandait aux diplomates de transmettre beaucoup plus que des noms, titres et numéros de téléphone des gens qu’ils surveillaient. Ils devaient également fournir leurs adresses internet, les URL des sites internet, leurs pseudonymes utilisés sur internet, leurs numéros de cartes de crédit et ceux de leurs programmes de fidélité de voyage, et leurs horaires de travail.

En plus de tous ces renseignements personnels, les diplomates américains devaient faire état des points de vue et opinions de ces dignitaires sur plusieurs enjeux ou problèmes, depuis la situation au Darfour, en Afghanistan, en Corée du Nord, jusqu’aux politiques entourant les changements climatiques en prévision des négociations à Copenhague qui se sont déroulées l’an dernier.

C’est plus spécifiquement la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton qui a transmis les ordres aux diplomates, rapporte le journal Le Monde. Durant l’année 2009 Mme Clinton a adressé à toutes les ambassades américaines la « National HUMINT Collection Directive », une directive secrète de « renseignement humain » faisant état des « besoins » de Washington.

La révélation de cette opération d’espionnage de responsables et dignitaires canadiens, opération exigée par la secrétaire d’État Hillary Clinton et le président Barack Obama pourrait créer surtout à court terme des tensions entre l’ambassade américaine et la colline parlementaire à Ottawa.

Les relations de longue date établies par les États-Unis avec le Canada et le Royaume-Uni permettront sans aucun doute de calmer le jeu. Mais celles avec la Russie et la Turquie, plus agitées, pourraient nécessiter un réajustement, selon James Jay Carafano, un spécialiste en politique étrangère de la Heritage Foundation de Washington.

M. Carafano a affirmé à l’Agence QMI que s’il y a des preuves crédibles que des représentants de la Turquie ont apporté un soutien matériel au réseau Al-Qaeda, ou que les États-Unis ont conclu des ententes secrètes avec la Russie en matière de défense antimissile, le gouvernement américain aura des explications à fournir.

Les diplomates de 32 ambassades américaines à travers le monde et de certaines missions américaines dans des agences de l’ONU ont reçu le mandat de faire de l’espionnage. Parmi les pays visés par ces opérations d’espionnage, on retrouve des alliés comme la Grande-Bretagne, la France et Israël et d’autres pays comme le Pakistan, la Chine et l’Arabie saoudite.


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