lundi 11 décembre 2017

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WikiLeaks : silence radio à l’Elysée, le gouvernement nie en bloc

Nouvelobs.com

lundi 29 novembre 2010, sélectionné par Spyworld

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Interrogé sur les 250.000 notes diplomatiques confidentielles révélées par le site WikiLeaks, la présidence ne souhaite pas réagir, tandis que le ministère des Affaires étrangères déplore une divulgation "irresponsable".

Interrogé par les agences de presse, lundi 29 novembre, l’Elysée a affirmé : "on ne réagira pas sur WikiLeaks", après la publication de près de plus de 250.000 mémos diplomatiques confidentiels par le site WikiLeaks.

De son côté, le Quai d’Orsay ne confirme "aucun des propos attribués à des autorités et des diplomates français" et déplore la divulgation "irresponsable" de correspondances diplomatiques américaines.

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, déclarait sur Europe 1 : "Nous sommes très solidaires de l’administration américaine sur la volonté d’éviter ce qui, non seulement porte atteinte à l’autorité des Etats, à la qualité de leurs services, mais met en danger des hommes et des femmes qui ont travaillé au service du pays".

"Il faut qu’on soit très attentifs et très solidaires au niveau des Etats pour lutter contre ce qui est une menace" contre "l’autorité et la souveraineté démocratique", a-t-il insisté.

Selon François Baroin , s’il y avait un tel site en France qui révélait des secrets d’Etat, "il faudrait être intraitable", le "poursuivre". "Moi j’ai toujours pensé qu’une société transparente, c’était une société totalitaire", a-t-il poursuivi. "La protection des Etats, c’est quelque chose de sérieux, c’est la protection des hommes, des femmes, des citoyens" qui est en jeu, a expliqué le porte-parole.

De son côté, le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a quant à lui parlé d’un "vrai problème", jugeant qu’il fallait respecter "en matière de diplomatie une part de confidentialité".

"De telles révélations font courir des risques à nos diplomates"

La Maison Blanche a condamné dès dimanche "dans les termes les plus forts" la publication "irresponsable et dangereuse" de nouveaux documents diplomatiques américains. "Que ce soit clair, de telles révélations font courir des risques à nos diplomates, aux membres de la communauté du renseignement, et aux gens du monde entier qui font appel aux Etats-Unis pour les aider à promouvoir la démocratie et un gouvernement transparent", a affirmé le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs, dans un communiqué.

"Ces documents pourraient aussi nommer des individus qui dans de nombreux cas vivent et travaillent (dans des pays gouvernés par) des régimes oppresseurs, et qui essaient eux-mêmes de créer des sociétés plus ouvertes et plus libres", a remarqué Robert Gibbs. "En publiant des documents secrets ayant été volés, WikiLeaks ne porte pas seulement tort à la cause des droits de l’homme, mais aussi aux vies et aux emplois de ces individus. Nous condamnons dans les termes les plus forts la publication non-autorisée de documents secrets et d’informations sensibles relatives à la sécurité nationale", a encore dit Robert Gibbs.

"Le président Obama soutient une transparence des opérations gouvernementales aux Etats-Unis et dans le monde entier, mais cet acte irresponsable et dangereux va à l’encontre de cet objectif", a jugé le porte-parole. La Maison Blanche a par ailleurs remarqué que "l’envoi d’informations à Washington (depuis les postes diplomatiques) est par nature franc et souvent incomplet". "Ce n’est pas l’expression d’une stratégie, et n’entre pas toujours en ligne de compte dans la mise au point de stratégies", a souligné Robert Gibbs, tentant apparemment de minimiser les conséquences de telles révélations sur les relations entre Washington et ses alliés.

"Toutefois, ces câbles pourraient compromettre des discussions privées avec des dirigeants et des chefs de partis d’opposition étrangers, et quand la substance de conversations privées est imprimée en première page de journaux du monde entier, cela peut profondément affecter non seulement les intérêts des Etats-Unis en politique étrangère, mais aussi ceux de nos amis et alliés dans le monde entier", a-t-il reconnu.

De "piètres ragots"

Les critiques à l’encontre de WikiLeaks se multiplent.

L’Australie a appuyé les Etats-Unis, indiquant qu’elle soutiendrait Washington en cas d’action judiciaire contre Wikileaks.

Le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari a pour sa part fustigé la publication des documents et espéré qu’elle ne nuise pas au processus de formation du gouvernement dans son pays.

Un haut responsable israélien estime de son côté qu’Israël "s’en tire à très bon compte" après avoir craint de sérieux embarras du fait des révélations des documents.

Le ministre italien de la Défense, Ignazio La Russa, a qualifié de "piètres ragots" auxquels il ne faut pas attacher une "importance excessive" les révélations de WikiLeaks. Le site WikiLeaks "rend le monde moins sûr" parce qu’il y a un "besoin" de conserver des communications secrètes, a critiqué le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt.


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