mercredi 13 décembre 2017

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Le FSB a démasqué un groupe d’espions britanniques qui agissait sous le couvert de l’ambassade

RIA Novosti

lundi 23 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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Le Service fédéral de sécurité de Russie (FSB) a démasqué un groupe d’espions britanniques qui agissait sous le couvert de l’ambassade et entretenait des contacts avec des organisations de défense des droits de l’homme.

Le "finale" de l’opération conduite par les services de contre-espionnage à Moscou cet hiver a été diffusé par la chaîne de télévision Rossia dans l’émission "Envoyé spécial" d’Arkadi Mamontov.

"A la fin de l’année dernière, les agents du FSB ont dépisté un groupe d’espions britanniques qui agissait sous le couvert de leur ambassade", ont annoncé les auteurs de l’émission.

C’était une opération inédite. Les agents ont découvert des moyens techniques inhabituels utilisés par les Britanniques pour la première fois de toute l’histoire des services secrets.

"Qui plus est, l’un des diplomates espions avait des contacts avec des organisations non gouvernementales russes", soulignent les auteurs de l’émission.

A l’heure actuelle, il y a en Russie des milliers d’ONG dont 92 seulement sont officiellement enregistrées auprès du ministère de la Justice. La plupart des ONG ont été créées et fonctionnent sous le patronage d’organisations publiques et sociales des Etats-Unis et de leurs alliés de l’OTAN, a annoncé l’attachée de presse du FSB, Diana Chemiakina.

L’attention des agents du FSB a été attirée par "quatre prétendus diplomates britanniques" dont le secrétaire archiviste de l’ambassade du Royaume Uni, Christopher Pirt, 30 ans, qui travaille en Russie depuis 2002 et s’est montré très actif. Il a été filmé en automne 2005 près d’une cachette dans le square d’un quartier périphérique de Moscou.

"La cachette avait l’air d’un caillou. Nous avons d’abord cru que c’était un conteneur traditionnel mais lorsqu’il a été examiné de près on a constaté que la "pierre" renfermait un dispositif électronique", a expliqué aux journalistes de la télévision un agent du FSB.

La "pierre" n’avait aucune fissure ni trou mais n’avait pas le poids d’un caillou. La radiographie a mis en évidence son contenu : des piles et un récepteur-émetteur fixés à la paroi par des vis spéciales pour empêcher toute action extérieure, le tout était rendu étanche avec une matière particulière pour éviter le contact avec l’humidité. L’engin utilisait une nouvelle technique d’espionnage.

Le principe en est pourtant très simple. Un homme recruté par les services d’espionnage britanniques en Russie, muni d’un ordinateur de poche, passait à proximité de la "pierre" qui lisait l’information mémorisée sur son appareil. Un certain temps après, un agent britannique travaillant sous le couvert de son ambassade refaisait le même chemin pour charger sur son ordinateur de poche l’information mémorisée par la "pierre".

Les séances ne duraient qu’une ou deux secondes à 20 mètres de distance. Tout l’automne, l’activité a été très animée autour de la "pierre". Un autre employé de l’ambassade britannique a commencé à se manifester dans les parages : le secrétaire archiviste Andre Fleming, 32 ans, agent en Russie depuis 2004.

"L’électronique semblait avoir des à-coups et c’est peut-être pour cette raison que les visites de la cachette par les diplomates britanniques étaient devenues très fréquentes", a estimé le porte-parole du FSB.

C’est le deuxième secrétaire de l’ambassade britannique Marc Doe, déguisé en touriste, muni d’un sac à dos et coiffé d’un bonnet, qui a récupéré la "pierre" après s’être assuré que personne ne le voyait.

Marc Doe, 27 ans, a fait des stages dans le territoire de Krasnoïarsk et à Oulianovsk et parle bien le russe. Après avoir achevé ses études universitaires, il a été recruté par les services de renseignements et désigné "non seulement deuxième secrétaire de l’ambassade mais aussi comme coordinateur de la Fondation des potentialités globales auprès du Foreign Office. Cela veut dire qu’il supervisait certaines ONG russes. L’agent Doe avait une fonction qui l’obligeait à recruter des Russes. Il disposait de moyens illimités pour contacter de nombreuses personnalités publiques russes. C’est par lui que certaines OGN recevai ??t leur financement, selon les auteurs de l’émission.

Les agents ont montré plusieurs titres de paiement.

"Ce document a été établi le 27 octobre 2004 par Marc Doe. Le paiement a été effectué en octobre 2004 au profit du Groupe d’Helsinki de Moscou. La somme : 23 000 livres sterling. Signé Marc Doe, ambassade de Grande Bretagne à Moscou, service politique", a expliqué le porte-parole du FSB.

Un autre document montré à la télévision était daté du 18 janvier 2006 : "L’argent a été versé à la Fondation Eurasia pour le développement des journaux indépendants à faible tirage : 5 719 livres sterling. Coordonnées : ambassade britannique à Moscou, service politique, signé Marc Doe".

Les auteurs de l’émission soulignent que par son activité cet espion qui agissait sous le couvert de l’ambassade britannique a discrédité une bonne idée.

La déclaration de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, à Kiev le 7 décembre 2005 ajoute du piquant à la situation. Elle a critiqué la Russie pour sa loi sur les ONG. "Nous sommes préoccupés et le gouvernement des Etats-Unis exprime son inquiétude à tous les niveaux. Nous voudrions espérer que la Russie comprendra l’importance des organisations non gouvernementales", a-t-elle déclaré.

De l’avis des auteurs de l’émission, les Anglais et certaines autres missions diplomatiques accréditées en Russie devront maintenant vérifier avec plus de soin qui travaille avec les organisations sociales russes et quelles sont les activités de ces personnes.

L’ambassade de Grande-Bretagne s’est refusée à commenter l’émission télévisée.

"Je vous recommande de venir demain pour cette question. A l’heure actuelle il n’y a personne pour vous répondre (au téléphone)", a dit au correspondant de RIA Novosti l’agent de permanence de l’ambassade.


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