jeudi 19 octobre 2017

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RFID, le client a besoin d’être rassuré

Boris Mathieux, 01 Informatique

lundi 23 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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« Les clients comprennent mieux la technologie RFID. Mais ils se demandent si c’est le bon moment pour lancer leur projet. » Ce constat de Capgemini, la plupart des analystes du secteur le partagent. Les études économiques et les pilotes RFID (Radio Frequency Identification) se multiplient. Mais les industriels craignent de se jeter trop tôt dans l’aventure.

La présentation par diaporama ayant atteint ses limites, de grandes SSII ont franchi le pas en investissant dans des centres de démonstration. Le but : placer les systèmes RFID dans le contexte informatique ou métier de leurs clients, prouver leur faisabilité technique et leur intérêt économique. Une manoeuvre pour légitimer une offre jusqu’ici contrôlée par des intégrateurs de niche et les fournisseurs de systèmes complets.

IBM et Accenture : les pionniers

Il y a quelques années, aux premiers signes avant-coureurs du boom technologique, Accenture et IBM ont ouvert leurs centres de démonstration. Avantage pour les entreprises françaises : ces centres européens se situent sur le territoire national. C’est dans son centre de R&D, à Sophia-Antipolis, que l’équipe d’experts RFID d’Accenture mène à la fois un travail de veille technologique et d’évaluation des matériels via des prototypes. La SSII invite régulièrement ses clients à discuter des tendances technologiques ou à tester ses prototypes. Bizarrement, elle a, au cours de ces derniers mois, relâché son effort de promotion du centre. A l’inverse d’IBM.

Dans le centre RFID de La Gaude, Big Blue a reproduit les environnements propres à certains processus pour démontrer les possibilités de suivi en temps réel d’opérations logistiques. Le centre présente ainsi les avantages que procure la RFID à travers l’approvisionnement d’un magasin fictif, une chaîne de production pharmaceutique et, bientôt, un cabinet médical.

« C’est pour nous la possibilité de mettre en valeur une architecture cohérente, comprenant les étiquettes, les antennes et le middleware, afin de soutenir les nouveaux processus métier de nos clients », souligne Jean-Michel Corrieu, responsable technique pour l’Europe des solutions RFID. Plusieurs centaines de clients ont déjà profité de présentations. Ils ont pu converser autour des composants RFID, des choix de partenaires ou des solutions applicatives métier.

L’équipe d’IBM a aussi soutenu plus d’une dizaine de pilotes chez ses clients, dont un cas de suivi logistique dans l’industrie automobile, un cas de lutte contre la contrefaçon dans la pharmacie, et un autre de traçabilité de palettes dans le transport. « Les demandes axées autour de la gestion d’actifs deviennent très importantes », note par ailleurs l’expert.

Mais le laboratoire de La Gaude ne se résume pas à un centre de démonstration. Il permet aussi de développer un capital intellectuel technique, qui se matérialise sous la forme de documentations sur les intégrations réalisées, avec description des processus et infrastructures déployés. « Ces documents formels accélèrent les phases d’avant-vente en démontrant la crédibilité d’une solution et en s’appuyant sur divers cas utilisateurs », se réjouit Jean-Michel Corrieu.

Le laboratoire de recherche de La Gaude est l’un des trois centres mondiaux, avec ceux des Etats-Unis et du Japon, de tests de la RFID et des capteurs d’IBM. Il fait partie d’un département dédié aux produits mais aussi aux services liés aux réseaux de capteurs et de RFID, baptisé Sensor Actuator (littéralement « actionneur de capteurs »). Le département a prévu d’investir 250 millions de dollars et d’employer quelque mille personnes d’ici à l’horizon 2010 pour aider ses clients à « connecter le monde physique au monde informatique ».

Capgemini et Logica CMG : l’approche verticale

Les orientations de ces centres reflètent aussi les choix stratégiques de leur maison mère. Ainsi Logica CMG a-t-il délibérément choisi de ne pas couvrir les problématiques de distribution pour se concentrer sur les solutions de transport-logistique et de production liées aux secteurs de la défense et de l’aéronautique. Une spécialisation qui séduit les prospects, puisque le centre de démonstration ouvert en mai est déjà réservé jusqu’en mars 2006.

De même, Capgemini a thématisé ses trois centres de démonstration selon les expertises verticales qu’il entend développer. A savoir l’industrie textile à Paris, les systèmes d’entrepôt dans sa filiale néerlandaise, et les solutions de lutte contre la contrefaçon pharmaceutique aux Etats-Unis. Et ça marche ! Ouvert le 19 septembre dernier, le centre parisien a déjà planifié 30 visites parmi les 132 prospects qu’il a ciblés dans le secteur textile. Les 25 prospects déjà accueillis ont débouché sur une douzaine de propositions commerciales.

« Ceux qui arrivent pleins de scepticisme sur la technologie sont rapidement rassurés, note Christophe de la Bourdonnaye, responsable de l’offre RFID à Paris. Selon lui, l’enjeu se déplace rapidement vers le terrain financier. Ils réclament davantage des preuves de bénéfices métier et de retour sur investissement que des preuves de faisabilité technique. » Pénalisées par des écarts de stocks d’environ 8 % et une démarque inconnue (vols, pertes...) représentant jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires, les enseignes de l’habillement perdent de nombreuses ventes en raison de dysfonctionnements de réapprovisionnement.

La démonstration de Capgemini, de la réception en entrepôt au magasin, leur montre l’intérêt d’un inventaire permanent facilité par une automatisation RFID : un gain de 20 à 30 minutes pour un employé de magasin de 140 mètres carrés s’il est équipé d’un lecteur mobile dit « raquette RFID ». Sans compter les économies sur l’inventaire fiscal annuel - réalisé manuellement, il coûte de 500 000 à 600 000 euros en moyenne pour une chaîne de 200 à 300 magasins.

Cipam : la maquette transportée chez le client

Suivant une approche plus technique, l’intégrateur Cipam, spécialisé dans la RFID, propose également des présentations permanentes à son siège de Clermont-Ferrand ou dans son agence francilienne. Mais le membre du consortium Smart Tracing - aux côtés de Valorfi, Texas Instruments, Aldata et Sun - se distingue surtout par sa capacité à réaliser rapidement des essais de faisabilité à la demande. Notamment en conditions extrêmes. Ainsi, Cipam a présenté récemment une solution de traçabilité pour des moules à tuiles subissant humidité, intense chaleur et chocs électriques (système de démoulage). Autant d’ennemis naturels de l’électronique.

Il propose aussi d’amener l’une de ses démonstrations permanentes - un convoyeur de production équipé d’antennes 3D - chez ses prospects. Une flexibilité unique, qu’autorisent plus de dix ans d’expérience et des dizaines de projets réalisés dans le domaine de la RFID. Et un atout commercial, que les grandes SSII ne pourront que lui envier.

Les craintes des entreprises

L’absence de standardisation

Une seule certitude : RFID n’est pas plug and play. Les prestataires essaient néanmoins de présenter des solutions relativement standards par grands processus industriels.

La rentabilité de l’investissement

Le coût supposé de la technologie est le principal frein évoqué par les entreprises. Une première estimation du retour sur investissement facilitera le passage vers une étude économique approfondie et un pilote.

Une pléthore de fournisseurs

Face au nombre important d’offreurs d’étiquettes, de lecteurs et de middlewares, les porteurs de projet seront rassurés par un prestataire capable de réunir un ensemble cohérent de partenaires.

Pour en savoir plus

Le pôle traçabilité de Valence

Le marché de la RFID analysé par IDTechex.

Retrouvez les adresses de ces pages sur : www.01blog.fr/1839


Paul Stam de Jonge (directeur de la branche solutions RFID de Logica CMG)

« Notre centre est aussi un lieu d’échanges avec nos clients. »

« Les missions de notre centre RFID sont multiples. C’est un lieu de démonstration. Tout ce que nous présentons a auparavant été déployé chez nos clients. Pour plus de réalisme, ces démonstrations sont toutes reliées à un back office compatible avec le standard EPC d’échange de données lié aux produits.

Issus de secteurs aussi variés que la distribution, l’aéronautique, la défense ou l’Administration, nos visiteurs, qu’ils soient DSI ou simples techniciens, viennent discuter de leurs propres idées d’application de RFID. C’est aussi un lieu de formation pour nos consultants. Le centre permet d’entretenir l’expertise de nos 260 consultants susceptibles de travailler sur un projet RFID. Un intranet consacré à la RFID leur est accessible, les droits de publication se limitant à la hiérarchie. »


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