mardi 24 octobre 2017

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Moscou accuse Londres d’espionnage

Le Figaro

lundi 23 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

Selon les services secrets russes, quatre diplomates britanniques présents à Moscou seraient en fait des espions. Ils auraient dissimulé dans une pierre un appareil électronique capable de recevoir et transmettre des informations confidentielles vers un ordinateur.

Londres et Moscou rejouent les meilleures scènes des romans de John Le Carré : le FSB, les services spéciaux russes, a affirmé lundi matin 23 janvier avoir démasqué des espions britanniques bénéficiant du statut diplomatique.

L’information fait grand bruit depuis qu’elle a été lancée, dimanche soir, par la chaîne de télévision publique russe Rossia. L’objet de la querelle diplomatique : une pierre équipée d’un appareil électronique et déposée dans un parc de la banlieue de Moscou.

Le FSB a depuis confirmé l’information. « Nous avons pensé d’abord qu’il s’agissait d’une cache classique dissimulée sous la pierre. Mais lorsque nos spécialistes ont examiné cet objet, il a été découvert qu’il renfermait un appareil électronique », a raconté un collaborateur des services russes.

L’appareil, capable de recevoir et transmettre des informations confidentielles vers un ordinateur de poche à une distance de 20 mètres, fonctionnait comme une boîte aux lettres électronique. « Au cours de l’enquête, nous avons réussi à identifier un citoyen russe qui cherchait à entrer en contact avec les services britanniques précisément selon cette procédure. Il a été arrêté et a ensuite reconnu ses activités d’espionnage », a précisé un fonctionnaire du FSB.

Le gouvernement britannique « inquiet » et « surpris »

La chaîne russe n’a pas hésité à donner des noms : le présentateur a cité au moins quatre membres de l’ambassade britannique, dont celui de Marc Doe, deuxième secrétaire. Le diplomate aurait été filmé en train d’emporter la « pierre électronique », celle-ci ayant des problèmes de fonctionnement.

Interrogé sur le sort des quatre britanniques, Moscou a déclaré que la question serait tranchée « au niveau politique ». En règle générale, les diplomates accusés d’activités « incompatibles avec leur statut » sont déclarés persona non grata.

Le premier ministre Tony Blair s’est refusé à commenter les accusations de Moscou. « Nous ne faisons jamais de commentaires sur des questions de sécurité », a déclaré M. Blair. Quelques heures plus tôt, le ministère britannique des Affaires étrangères s’était déclaré « inquiet et surpris », sans pour autant nier ces informations.

Transferts de fonds à des ONG

Les services russes auraient également découvert d’importants versements d’argents effectués par ces mêmes diplomates à certaines ONG russes. Selon Rossia, ils auraient été autorisés par Marc Doe.

La présidente du groupe Helsinki - une ONG russe citée comme ayant reçu des fonds -, Lioudmila Alexeeva - a démenti : « Nous n’avons eu aucune subvention qui soit signée par Marc Doe. Ce qu’on a montré à la télévision n’est qu’un faux ». Elle dénonce une « campagne de calomnie » contre les ONG.

Le ministre britannique des affaires étrangères a immédiatement rejeté « toutes les accusations de conduite déplacée dans les relations de la Grande-Bretagne avec les organisations non gouvernementales russes », précisant : « Toute notre aide est donnée de façon transparente et a pour but d’aider au développement d’une société civile fonctionnant correctement en Russie ».

Les ONG russes sont souvent accusées de travailler contre leur pays. Le mois dernier le parlement russe avait durci la loi sur leur financement, interdisant notamment les subventions étrangères.


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