mardi 12 décembre 2017

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Sarkozy et Obama unis face au défi du terrorisme

Laure Mandeville, le Figaro

lundi 10 janvier 2011, sélectionné par Spyworld

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« La faiblesse serait profondément coupable », estime le président français.

C’est dans un contexte intérieur et international particulièrement troublé que Nicolas Sarkozy et Barack Obama se sont retrouvés lundi pour des consultations sur le G20 et le G8 et pour un tour des grands dossiers internationaux, dont celui, brûlant, du terrorisme islamiste.

Juste avant l’arrivée de son hôte français, le président américain avait observé un moment de silence après la tragédie de Tucson, samedi en Arizona, où un jeune déséquilibré de 22 ans, qualifié d’« extrémiste » par Hillary Clinton, a ouvert le feu sur la représentante démocrate au Congrès Gabrielle Giffords, la blessant grièvement ainsi que quatorze autres, et tuant six personnes dont une petite fille de 9 ans. L’affaire secoue l’ensemble de la classe politique américaine, qui s’interroge sur les effets pervers de la violence du débat politique ces derniers mois.

Nicolas Sarkozy est quant à lui confronté à un nouveau drame dans la région sahélienne, après l’enlèvement au Niger, probablement par la branche maghrébine d’al-Qaida (Aqmi), de deux jeunes Français, qui ont péri samedi au cours d’une opération militaire franco-nigérienne. Présentant ses condoléances à son homologue pour la mort des deux hommes, Barack Obama a qualifié la France de « partenaire exceptionnel » dans la lutte contre le terrorisme, une « question clé » dans ses discussions avec Nicolas Sarkozy. « Les Américains et les Français sont déterminés à être des alliés sur ces sujets, a insisté quant à lui le président français. La faiblesse serait profondément coupable et nous n’avons pas d’autre choix que de combattre le terrorisme où qu’il se trouve. »

Impliquer davantage Washington

Selon une modification de l’agenda présidentiel annoncée lundi, le chef de l’État devait se rendre à New York dans la foulée de ses entretiens à la Maison-Blanche. Des raisons privées sont avancées, mais aussi une rencontre avec le roi Abdallah d’Arabie saoudite pour évoquer le Moyen-Orient, l’Iran et le terrorisme. Un tête-à-tête avec le premier ministre libanais, Saad Hariri, est également prévu.

Engagés côte à côte en Afghanistan, la France et les États-Unis suivent également avec inquiétude les soubresauts de la politique intérieure pakistanaise. Selon l’ambassadeur Frances Cook, la coopération franco-américaine en Afrique, notamment en matière de terrorisme, avait plus de chance d’intéresser à court terme Barack Obama que les ambitieux projets de réforme du système économique et monétaire international du président français.

Sans doute en raison de l’onde de choc provoquée par la tuerie d’Arizona, les médias américains ont consacré relativement peu de place à l’affaire du Niger. La visite de Nicolas Sarkozy à Washington ne faisait même pas l’objet d’un entrefilet dans l’édition papier du New York Times et du Washington Post, lundi. Mais cette absence d’attention médiatique ne signifie nullement que les Américains ne soient pas intéressés par la coordination antiterroriste avec les Français. Bien au contraire. La lutte contre Aqmi au Sahel serait en train de devenir un dossier fructueux de coopération, même si les Français aimeraient voir l’Amérique encore plus impliquée, selon certaines sources. Une note diplomatique américaine, révélée en décembre par le site WikiLeaks, confirme que cette coopération s’est accrue à la demande de la France. Paris, Londres et Washington souhaiteraient en réalité travailler dans la discrétion sur ce terrain, jugeant « vital » que « le contre-terrorisme présente un visage local » pour éviter de se mettre à dos les principaux acteurs sahéliens et empêcher toute dynamique favorable à Aqmi.


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