jeudi 19 octobre 2017

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KGB : 90 ans de services secrets russes en exposition

AFP

mercredi 12 janvier 2011, sélectionné par Spyworld

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La carte d’agent du KGB du légendaire agent double britannique Kim Philby, une lettre de John Kennedy sur l’échange d’un espion contre un pilote américain : de 1917 à Poutine, une exposition inédite à Moscou passe en revue 90 ans de services secrets soviétiques et russes.

Regardant la pipe de Kim Philby, l’ancien agent soviétique Grigor Vardanian soupire. « C’était un homme si cultivé, très bien préparé, qui a servi notre cause jusqu’au bout », dit-il en parlant de l’agent double qui a finit sa vie à Moscou en 1988 après avoir été exfiltré en 1963.

Philby était le plus célèbre de ceux que les historiens ont appelé les Cinq de Cambridge, cinq anciens étudiants de la prestigieuse université britannique recrutés par l’URSS dans les années 1930 et qui ont travaillé pour Moscou pendant la guerre froide.

Parmi les nombreux documents et objets retraçant des décennies d’espionnage, dans les locaux du musée de la Deuxième guerre mondiale à Moscou, figure la lettre signée par le président américain John F. Kennedy pour l’échange du pilote américain Gary Powers, capturé en URSS en 1962, contre l’espion soviétique Rudolf Abel, arrêté à New York en 1957.

A cette exposition, visible jusqu’au 23 février, on découvre aussi un message codé du physicien russe Igor Kourtchatov, le père de la bombe atomique soviétique, qui semblait très mécontent des travaux de son équipe de scientifiques.

« Toutes les données indiquent qu’il sera beaucoup plus difficile de résoudre ce problème que ne le pensent nos scientifiques, qui connaissent mal les travaux réalisés à l’étranger », écrivait-il en 1943 au dictateur soviétique Joseph Staline.

Créés en 1917 par le bolchevique Félix Dzerjinski sous le nom de Tcheka, puis Guépéou, NKVD, MGB, KGB, les services secrets de Moscou ont traqué des opposants, infiltré des États, volé des secrets comme ceux de la bombe américaine.

« Grâce à ce service, la zone d’influence de notre nation s’est étendue à plus d’un tiers du monde », relève un conseiller de l’actuel Service de renseignement extérieur (SVR), Vladimir Volkov. « Mais depuis, il y a eu des pertes et des échecs », déplore-t-il.

Depuis la chute de l’URSS en 1991, si l’ancien agent du KGB Vladimir Poutine a fini par arriver au pouvoir en 2000, les services russes ont connu nombre d’échecs, dont l’arrestation en juin aux États-Unis et l’expulsion de 10 agents « dormants », trahis par un transfuge, ne sont pas le moindre.

« Je crois que les anciens vont devoir apprendre à la jeune génération comment s’y prendre pour défendre la patrie », confie un membre des services, disant s’appeler Alexeï Nikolaïevitch.

Des experts observent que les services de Moscou ont perdu nombre de leurs réseaux de l’époque soviétique, et peinent maintenant à remplir leur fonction dans des pays comme la Corée du Nord et l’Afghanistan.

Vladimir Poutine, l’actuel Premier ministre dont l’emprise sur le pays s’est accompagnée de l’arrivée en nombre d’anciens membres des services secrets dans les structures politiques ou le monde des affaires, a par ailleurs souligné en décembre la nécessité pour le renseignement extérieur de mettre l’accent sur les nouvelles technologies.

Alors que la direction du pays s’est fixé pour objectif de le moderniser à marche forcée et de le faire sortir de sa dépendance des exportations de pétrole, gaz et de matières premières, il faut aider le secteur des nouvelles technologies, et cette aide peut être « interceptée... ou achetée », a dit M. Poutine.


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