lundi 11 décembre 2017

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Google accepte la censure pour pénétrer le marché chinois

Le Figaro, avec Reuters

mercredi 25 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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La toile attire déjà plus de 100 millions d’internautes chinois et risque d’en attirer beaucoup d’autres dans les années à venir. C’est pourquoi le moteur de recherche américain à décidé de se plier aux conditions imposées par Pékin pour lancer « google.cn ».

La concurrence entre les moteurs de recherche pour conquérir la toile est rude et les perspectives de développement de l’Internet chinois tentantes. Pour contrer ses principaux concurrents comme Yahoo et Baidu.com, premier moteur de recherche chinois, Google a lancé aujourd’hui un service en Chine, google.cn. Cette adresse a cependant un prix.

Une dizaine de milliers de mots censurés

En effet, pour obtenir le précieux sésame du marché Internet chinois, deuxième marché mondial, Google a accepté de bloquer les mots jugés politiquement incorrects sur son nouveau site. Cette autocensure est déjà largement pratiquée par de nombreuses multinationales et entreprises locales qui travaillent en Chine. Des géants locaux comme Sohu.com et Baidu.com, ainsi que les filiales chinoises de Yahoo et Microsoft , bloquent depuis toujours sur leur moteur de recherche les termes considérés comme politiquement incorrects tels que « indépendance de Taiwan ». « La Chine est le régime le plus répressif au niveau de la censure sur internet », estime John Palfrey, l’un des principaux responsables d’un projet universitaire d’étude sur la censure sur internet baptisé OpenNet Initiative. Selon lui, une dizaine de milliers de mots sont interdits de recherche aux internautes chinois.

Pour le moment, Google ne se formalise pas de cette censure : « nous croyons fermement que grâce à notre culture de l’innovation, Google pourra apporter une contribution positive et significative à la vitesse de développement, déjà impressionnante, de la Chine. », a expliqué Andrew McLaughlin, conseiller stratégique. « Si retirer les résultats des recherches est incohérent avec la mission de Google, ne pas fournir d’information (...) est davantage incompatible avec notre métier », a-t-il ajouté.

Google a cependant l’intention de signaler en bas de l’écran de recherche si celle-ci a fait l’objet d’une censure. Des notifications identiques apparaissent déjà en France et en Allemagne pour des contenus qui se réfèrent au nazisme.

Pas de blogs, d’adresses Gmail ou de forums de discussions

En revanche, cette censure n’est pas au goût de Reporters sans frontières (RSF) qui avait déjà dénoncé l’attitude des groupes Yahoo et Microsoft pour s’être soumis à la censure chinoise. « C’est vraiment une honte », déplore Julien Prain, dirigeant du bureau Internet de RSF, « lorsqu’un moteur de recherche collabore avec un gouvernement comme celui là, cela facilite le contrôle de Pékin sur ce qui est diffusé sur la toile ».

Le groupe ne fournira pas de services susceptibles d’être censurés par les autorités chinoises, comme les blogs ou les courriels sur les serveurs chinois. Google veut éviter de reproduire la mésaventure arrivée à Yahoo qui avait fourni au gouvernement chinois les informations d’un compte mail d’un journaliste chinois. Celui-ci avait ensuite été accusé et condamné pour avoir violer un secret d’Etat.

Un blog et un journal déjà censurés après l’annonce de Google

Depuis l’annonce de Google, les autorités chinoises ont exigé l’arrêt de la publication de Freezing Point, le supplément hebdomadaire de quotidien China Youth Daily, fondé en 1995. Le blog de Li Datong, le fondateur de ce supplément diffusé à environ 300.000 exemplaires, a également été fermé après avoir rendu publique la décision de Pékin. L’emprise du Parti communiste sur les médias, internet, les organisations non gouvernementales, les avocats, les universités et les dissidents, vise à prévenir toute « révolution » en germe dans les mouvements de protestation.


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