dimanche 17 décembre 2017

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Bourse : les cyber attaques inquiètent les gouvernements

Hayat Gazzane, le Figaro

mardi 8 février 2011, sélectionné par Spyworld

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Les autorités britanniques et américaines ont fait appel à des services de sécurité spécialisés après avoir constaté des cyber attaques de nature terroriste visant leurs places boursières l’an dernier.

Pour les hackers, la cible à la mode est boursière. Dernière victime en date : le Nasdaq. « Dans le cadre de nos contrôles de sécurité routiniers, nous avons détecté des fichiers suspects sur nos serveurs et nous avons conclu que notre logiciel en ligne Directors Desk avait été potentiellement touché », a indiqué la société Nasdaq OMX dans un communiqué. « Il n’y a à ce stade aucune preuve que des pirates informatiques aient pu accéder aux données des clients de Directors Desk ou s’en emparer », tente de rassurer la société boursière.

D’après le Wall Street Journalde samedi, le système informatique du Nasdaq a été violé plusieurs fois en 2010 et une enquête fédérale est en cours pour tenter d’identifier les responsables de ces intrusions. « Les enquêteurs examinent des mobiles variés : bénéfices financiers illégaux, vol de secrets commerciaux, ou atteinte à la sécurité nationale passant par l’endommagement de la plateforme d’échanges », indique l’article.

Scénario hollywoodien

Cette annonce fait écho à celle du Times, lundi dernier. Le quotidien britannique évoquait dans ses colonnes un scénario digne d’un film hollywoodien : le siège de la Bourse de Londres menacé par une cyber attaque terroriste tandis qu’au même moment Wall Street était victime d’une attaque du même type d’origine russe. D’après le journal, ces faits auraient réellement eu lieu l’an dernier, obligeant les États-Unis et le Royaume-Uni à faire appel à des services de sécurité spécialisés pour enquêter.

Des responsables, cités anonymement, pensent que ces attaques étaient destinées à provoquer la panique sur les marchés et déstabiliser, plus globalement, les institutions financières du monde occidental.

« Menace réelle »

D’après le Times, la tactique la plus commune reste la prise de contrôle des ordinateurs pour coordoner des attaques de serveurs. Les hackers utilisent de plus en plus souvent des « botnets », des réseaux de machines contrôlés à distance, et dont l’accès se monnaye sur Internet à 130 livres (150 euros environ) pour une centaine d’ordinateurs. Ce système rend très difficile l’identification des auteurs des attaques - d’où le secret entourant l’identité des « terroristes » visant les Britanniques - et rend plus compliqué des enquêtes déjà ralenties par l’inventivité de ces génies de l’informatique.

Le responsable du service de renseignement électronique britannique (GCHQ), Iain Lobben, évoque en tout cas une menace « réelle et persistante ». Des propos confirmés par le chef des Forces armées britanniques, David Richards, qui ajoute qu’une cyber attaque pourrait économiquement « paralyser un pays avec la même efficacité qu’une série d’attaques à la bombe contre les villes ».

Renforcer la sécurité nationale

Ces craintes rejaillissent seulement quelques jours après que l’Union européenne a suspendu les transactions sur la Bourse de carbone, victime d’une série de cyber attaques ayant entraîné le vol et la revente de quotas d’une valeur de 28 millions d’euros environ. L’Autriche, la Grèce, la République tchèque, la Pologne et l’Estonie ont été visées. L’Union européenne s’est dite consciente du problème mais a renvoyé chaque pays à ses responsabilités : « La sécurité des registres nationaux, c’est la responsabilité des États membres. Nous devons rappeler aux pays de l’Union qu’ils doivent prendre des mesures », expliquait ainsi la porte-parole de la Commission, Maria Kokkonen. La Bourse reste d’ailleurs fermée le temps de permettre aux États de sécuriser leurs systèmes nationaux.

L’urgence semble de mise alors que la situation dépasse largement le cadre boursier. D’après Ian Lobben, les ordinateurs des départements gouvernementaux d’un pays comme le Royaume-Uni reçoivent plus de 20.000 e-mails malveillants et sont l’objet de 1000 cyberattaques chaque mois.


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