dimanche 22 octobre 2017

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Des espions au Canada

Brian Lilley, QMI

samedi 26 février 2011, sélectionné par Spyworld

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Dès qu’on parle d’espions, la plupart des gens pensent à James Bond, aux poursuites en voiture, aux jeux de poker à risques élevés et aux martinis. On pense rarement au Canada. Erreur, estime l’ex-agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya.

Le Canada serait-il perçu comme un pays trop pacifique, voire ennuyant, pour être ciblé par des espions ?

« Au contraire, rétorque M. Juneau-Katsuya. Il y a eu de nombreux diplomates qui ont été déportés ou déclarés persona non grata. »

En plus de ces diplomates qui continuent d’exercer leurs activités d’espionnage au Canada, il y a des cellules dormantes d’espions. Il a même été possible de convaincre des Canadiens de refiler les secrets de leur pays à des gouvernements étrangers.

Voici quelques cas où les espions ont été démasqués : 1992-1993 – En poste à l’ambassade russe à Ottawa, le colonel Sergei Tretyakov se faisait passer pour un diplomate. Or, de son propre aveu, c’était un espion. Après avoir poursuivi ses activités d’espionnage à Washington et aux Nations unies, M. Tretyakov a fait défection aux États-Unis. Il a avancé que des représentants de Cuba et des Nations unies collaboraient avec les Russes. De plus, il a soutenu qu’un député d’arrière-ban du gouvernement conservateur de Brian Mulroney avait été récompensé financièrement pour refiler des documents secrets à l’étranger. Cette affaire n’a jamais eu de suites, car ces allégations n’ont jamais été prouvées. De plus, le livre de M. Tretyakov n’a jamais été publié au Canada pour des questions juridiques.

1945 – Igor Gouzenko était un commis spécialisé en cryptographie à l’ambassade soviétique à Ottawa. Ayant accès à de nombreux dossiers secrets, il n’était plus très à l’aise avec les politiques de son pays. Plutôt que de retourner à Moscou, il a préféré faire défection au Canada.

Il a quitté l’ambassade soviétique avec plus de 100 dossiers sous le bras et les a remis au gouvernement canadien. C’est grâce à ces dossiers que le député Fred Rose a été démasqué et reconnu coupable d’espionnage, de même que le scientifique Alan Nunn May. Ce dernier, qui avait travaillé au programme nucléaire canadien, était en sol britannique au moment de son arrestation.

1945-1947 – Député de la circonscription montréalaise de Cartier, Fred Rose a été accusé de complot et d’avoir transmis des secrets aux Soviétiques. Il avait d’ailleurs été identifié comme espion soviétique par Igor Gouzenko. M. Rose a été élu à la Chambre des communes sous la bannière du Parti ouvrier progressiste. Il a toutefois été évincé de son siège et a passé plus de quatre ans derrière les barreaux.

2006 – Paul William Hampel est un espion récent. Peu de choses sont connues à son sujet. M. Hampel – un nom d’emprunt – a été arrêté à l’aéroport Montréal-Trudeau en novembre 2006. Il a été déporté en vertu d’un certificat de sécurité. L’avocat de M. Hampel a admis qu’il n’était pas celui qu’il prétendait être, mais soutenait qu’il n’était certainement pas un espion russe non plus. Néanmoins, cet individu que le SCRS estimait être un membre d’élite de l’espionnage russe, n’a jamais contesté sa déportation du Canada.

1990-1996 – Le couple russe formé de Yelena Borisovna Olshanskaya et de Dmitry Vladimirovich Olshansky avait été envoyé au Canada pour y mener des activités d’espionnage. Les deux se sont installés à Toronto, où ils ont pris les noms d’enfants morts.

Aussitôt leur jeu démasqué, ils ont été renvoyés en Russie. Ils ont divorcé et Mme Olshanskaya a épousé un Canadien. Elle a fait des démarches pour pouvoir rester au Canada, mais sa demande a été refusée.

2004 – Techniquement, Momim Khawaja n’est pas un espion. Natif d’Ottawa, il a toutefois été la première personne reconnue coupable de terrorisme en vertu des lois canadiennes adoptées dans la foulée des attentats survenus aux États-Unis le 11 septembre 2001. Au moment de son arrestation, M. Khawaja était sous contrat au service des technologies de l’information du ministère des Affaires étrangères. Il a été reconnu coupable d’avoir comploté pour faire exploser des boîtes de nuit et autres endroits bondés au Royaume-Uni. Il était en train de fabriquer des détonateurs.

2010 – Le directeur du SCRS Richard Fadden a créé toute une controverse lorsqu’il a affirmé que certains hommes et femmes politiques de la scène politique municipale et provinciale étaient sous l’influence de gouvernements étrangers. Il n’a jamais accusé qui que ce soit d’être un espion ou un traître. Or, il ne s’est jamais rétracté, malgré les récriminations des partis d’opposition. Le gouvernement Harper s’est rangé derrière M. Fadden.


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