lundi 18 décembre 2017

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Décès de Marcel Chalet, patron de la DST durant l’opération "Farewell"

AFP

mardi 29 mars 2011, sélectionné par Spyworld

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Pendant 36 ans, il a traqué espions nazis, cadres du FLN, taupes de l’Etat français, agents de l’Est : Marcel Chalet, patron de la DST de 1975 à 1982 et le père de l’une des plus retentissantes affaires d’espionnage de la Guerre froide, l’opération "Farewell", est décédé à l’âge de 88 ans.

L’écrivain Thierry Wolton, auteur avec Marcel Chalet du livre "Les Visiteurs de l’ombre" (Grasset, 1990), a précisé mardi à l’AFP que Marcel Chalet est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

Dans cet ouvrage, Marcel Chalet avait raconté "Farewell", nom de code de l’opération durant laquelle un officier soviétique du KGB avait livré à la DST en 1981 et 1982 des milliers de documents sur l’espionnage soviétique et les noms de près de 500 espions ou agents du KGB en Occident.

Selon Thierry Wolton, Marcel Chalet était le seul directeur de la DST (Direction de la sécurité du territoire, devenue DCRI) à avoir fait toute sa carrière dans ce service de contre-espionnage, traditionnellement dirigé par un préfet.

Né le 7 novembre 1922 à Blesle (Haute-Loire), ce fils de directeur d’école obtient une licence de lettres et entre à la DST en 1945 comme commissaire. Là il va faire la chasse aux espions et tortionnaires de la Gestapo et aux collaborateurs.

Il va ensuite traquer les cadres clandestins du FLN durant la guerre d’Algérie (1954-1962) ou les taupes comme Georges Pâques, ce haut fonctionnaire français condamné en 1963 pour espionnage au service de l’URSS. Mais l’essentiel de son activité à la DST portera durant 30 ans sur la lutte contre les réseaux implantés par le KGB et le GRU (service de renseignements de l’Armée Rouge).

Marcel Chalet "était un homme élégant et cultivé, qui parlait l’anglais couramment", a dit à l’AFP Raymond Nart, ex-numéro deux de la DST, qui a dirigé de bout en bout le dossier "Farewell", nom de code de Vladimir Vetrov, et qui était l’un des seuls à connaître son identité avec Marcel Chalet.

Vladimir Vetrov, officier soviétique du KGB, avait remis à la DST en 1981 et 1982 quelque 3.000 documents sur l’espionnage soviétique en Occident, dont les noms de près de 500 espions ou agents du KGB dans les pays occidentaux. Il fut démasqué et exécuté en 1985.

Cette affaire d’espionnage, unique dans les annales, avait permis aux Américains de mesurer le retard des Soviétiques dans la course aux armements et dans le domaine technologique. Marcel Chalet était revenu sur cette affaire dans "L’histoire des services secrets français" (4 épisodes diffusés en février par France 5).

A la suite de ces révélations transmises, dès 1982, à Ronald Reagan par le président socialiste François Mitterrand, le président américain avait lancé en mars 1983 le programme de "Guerre des étoiles" (détection et destruction de missiles balistiques) marquant la supériorité définitive de la technologie américaine sur l’URSS.

Dans "Les visiteurs de l’ombre", Marcel Chalet estimait que "les Français ont le droit de savoir, mieux qu’on le leur a permis jusqu’à maintenant, ce qu il faut faire pour se défendre contre les périls venus de l’extérieur".

En quittant son poste de directeur de la DST, le 4 novembre 1982, Marcel Chalet avait lancé un triple appel : "Ayez confiance en la DST ; donnez-lui les moyens de son action ; et surtout ne changez pas son nom de +surveillance du territoire", elle est là en effet pour veiller à la sécurité des Français".


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