mardi 21 novembre 2017

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Israël dote sa sécurité intérieure d’un chef à poigne

Marc Henry, le Figaro

mercredi 30 mars 2011, sélectionné par Spyworld

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Yoram Cohen a été nommé à la tête du Shin Beth, l’agence de contre-espionnage israélienne.

Israël s’est doté d’un nouveau patron à poigne pour l’« antiterrorisme ». Benyamin Nétanyahou, le premier ministre, a choisi Yoram Cohen comme chef du Shin Beth, le service de sécurité intérieure.

Présenté comme « un professionnel » et un « homme de terrain », Yoram Cohen, 51 ans, est un homme du sérail. Arabisant, il a servi à Jérusalem et en Cisjordanie durant la deuxième intifada palestinienne. La presse le présente comme un de ceux qui ont conçu la pratique des « éliminations ciblées » qui consiste à supprimer des responsables des branches militaires d’organisations telles que Hamas ou le Djihad islamique. Un journal a également révélé qu’il lui est arrivé de se « déguiser » en Arabe pour passer inaperçu lors de ses tournées d’inspection. Autre détail : c’est le premier patron du Shin Beth à porter la kippa des juifs pratiquants. Les commentateurs n’en tirent toutefois aucune conclusion sur ses options politiques ou idéologiques.

Le sort de Shalit en suspens

En revanche, les médias n’ont pas épargné Benyamin Nétanyahou, qui en tant que premier ministre a toute autorité sur le Shin Beth. Selon la radio publique, des groupes de colons d’extrême droite ont mené ces dernières semaines une intense campagne pour empêcher la nomination au poste du chef du Shin Beth d’un autre responsable de l’organisation. Ces extrémistes voulaient ainsi « punir » ce candidat, dont le nom ne peut être rendu public, pour avoir exercé ses talents à la tête du département « juif » du Shin Beth spécialisé dans la surveillance et l’infiltration des milieux extrémistes de droite et de gauche. Ce front, négligé dans le passé, n’a cessé de prendre de l’importance depuis l’assassinat en 1995 d’Yitzhak Rabin par un fanatique religieux nationaliste.

Les tentatives du Shin Beth de recruter des informateurs ou d’introduire des taupes dans les groupuscules d’extrême droite ont suscité la colère dirigée contre les agents du Shin Beth spécialisés dans ce genre de mission. Benyamin Nétanyahou a fait savoir par ses proches qu’il avait repoussé toutes les tentatives d’intervention. Mais ces dénégations n’ont qu’à moitié convaincu.

Yoram Cohen aura en tout cas du pain sur la planche. Parmi les dossiers figure le sort de Gilad Shalit. Les islamistes du Hamas qui détiennent ce soldat franco-israélien depuis juin 2006 exigent la libération d’un millier de prisonniers dont des dizaines impliqués dans des attentats sanglants pour le relâcher. Yoram Cohen va devoir déterminer s’il est en mesure d’assurer que ces éventuelles libérations ne constitueraient pas une menace intolérable pour la sécurité des Israéliens. Le chef du Shin Beth devra aussi adapter son organisation à la situation créée par les multiples soulèvements dans les pays arabes et leur influence dans les Territoires palestiniens.


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