jeudi 19 octobre 2017

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Ce sont les yeux des avions

Bernard Broustet, SudOuest.fr

dimanche 3 avril 2011, sélectionné par Spyworld

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L’une des deux unités girondines de Thales fournit radars et calculateurs permettant aux avions militaires de ne pas être aveugles.

Si les Rafale utilisés aujourd’hui en Libye sont pour une bonne part des avions girondins, ce n’est pas seulement parce qu’ils sont assemblés à Mérignac. C’est aussi parce que le groupe français Thales fournit l’essentiel de leur électronique, et notamment leurs radars. Ceux-ci sont assemblés et pour une large part développés dans l’unité de Pessac. Dirigée depuis l’an dernier par Jean-Noël Stock, polytechnicien et pilote de chasse breveté, l’établissement compte un millier de salariés, cadres et ingénieurs pour la plupart.

Situés dans la pointe avant des avions de combat ou dans la partie inférieure des appareils de reconnaissance, les radars sont les yeux de ces engins. Les ondes qu’ils émettent se réfléchissent sur des objets, même de petite taille, et permettent au pilote ou à l’observateur au sol d’avoir des éléments d’appréciation instantanés du théâtre d’opérations.

Au fil des progrès de l’électronique et de l’informatique, ces yeux du ciel voient de plus en plus vite, dans un champ de plus en plus large. Sur les avions de combat d’ancienne génération, le radar à balayage électromagnétique opère un mouvement de rotation qui ne lui permet pas de détecter de façon absolument simultanée ce qui se passe sur l’ensemble de son champ de vision. Avec le balayage électronique, qui équipe les actuelles générations de Rafale, l’exploration radar se fait en même temps sur les plans horizontaux et verticaux, ce qui permet de détecter cibles et menaces de façon plus simultanée.

Première européenne

Une autre génération, déjà testée sur des avions de combat, va faire son apparition à partir de 2013 sur les nouveaux Rafale, avant d’être montée sur les anciens. Le balayage électronique s’y double du procédé de l’antenne active, qui revient à remplacer l’antenne actuelle par une série de modules électroniques autonomes partageant leurs informations.

Cette technologie, utilisée sur des avions américains mais jamais jusqu’ici en Europe occidentale, permet à l’avion de voir encore plus loin, mais aussi de rester plus discret à l’égard des défenses adverses. Elle nécessite d’assembler sur une même carte électronique un grand nombre d’éléments divers (hyperfréquence, etc.). Cette concentration implique le recours à des familles de composants sophistiqués (de type arséniure de gallium), car le silicium chaufferait trop.

Pour l’établissement, l’absence de ventes de Rafale à l’export n’est pas un facteur favorable. Mais les commandes de l’appareil par les forces françaises permettent de maintenir dans ce domaine un certain volant d’activité. Par ailleurs, Thales achève, avec Sagem, la modernisation (« retrofit ») de quelque deux douzaines de vieux Mirage F1 marocains, rééquipés de radars à balayage électronique.

Diversification

Au surplus, l’unité, également spécialisée dans les calculateurs et les logiciels qui forment le cerveau électronique de l’avion, s’est diversifiée dans les avions de mission (reconnaissance, espionnage) et les systèmes de drones.

Dans les avions de mission, Thales a connu quelques déconvenues avec le contrat turc « Meltem », qui vient d’être renégocié. Mais dans le même temps, le groupe, dont la filiale britannique développe avec l’Israélien Elbit le drone Watchkeeper, a confié à Pessac le développement des systèmes d’interprétation des différents types d’images (radar, infrarouge, etc.) recueillies par ces appareils. L’avenir du site repose donc sans doute pour une part sur ces capteurs volants sans pilotes.


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