dimanche 22 octobre 2017

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La source du fax égyptien remise en question

Mirel Bran, le Temps

samedi 28 janvier 2006, sélectionné par Spyworld

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La note aurait été établie sur la base des propos de l’extrémiste roumain Vadim Tudor.

C’est un véritable coup de théâtre dans l’affaire du fameux fax égyptien intercepté par les services de renseignement suisses et publié par le journal SonntagsBlick le 8 janvier. Selon le journal roumain Cotidianul daté du vendredi 27 janvier, la source des allégations contenues dans la note égyptienne serait l’extrémiste roumain Vadim Tudor.

Le 4 novembre 2005, deux jours après la publication d’un premier article dans le Washington Post, Vadim Tudor organise une conférence de presse à Bucarest pour annoncer que « 23 terroristes ont été torturés par la CIA sur la base militaire roumaine de Mihaïl Kogalniceanu ». Habitués aux propos outrés du dirigeant extrémiste, les journalistes roumains n’avaient pas pris en compte ses allégations.

Le 9 novembre 2005, Vadim Tudor revient à la charge en publiant un article dans son hebdomadaire Romania Mare (La Grande Roumanie) et cite « deux notes des services de renseignement roumains ». « La base militaire de Mihaïl Kogalniceanu a accueilli 23 citoyens étrangers transportés par des avions américains en provenance d’Afghanistan, d’Irak et du Liban », lit-on dans Romania Mare.

Une deuxième note spéciale fait état d’informations classifiées concernant les actions illégales de la CIA, notamment les prisons aménagées en Europe de l’Est, en Ukraine, au Kosovo, en Macédoine, en Albanie, en Bulgarie et en Roumanie. A nouveau ignorées par les journalistes roumains, les allégations de Vadim Tudor auraient été reprises dans une revue de presse issue des services de renseignement égyptiens basés à Bucarest.

Le problème avec Vadim Tudor est qu’il a l’habitude d’intervenir sur des affaires chaudes dans le style qu’il affectionne : un mélange de vérités et de mensonges. Chef de file du mouvement nationaliste et extrémiste en Roumanie, il a toujours accès aux notes d’informations que d’anciens officiers de la Securitate, la police politique du régime communiste, lui livrent à des fins politiques.

Après l’éclatement de l’affaire suisse, suite à la publication de la note égyptienne par le SonntagsBlick, Vadim Tudor s’est vanté dans son propre journal d’avoir eu la « confirmation » de ses informations.

Cette façon de procéder ne date pas d’hier. Le 25 novembre 2005, Vadim Tudor rencontre le président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, René van der Linden, en qualité de vice-président du Sénat roumain. Selon le communiqué de presse rendu public le lendemain de cette rencontre, « le dirigeant du Parti de la Grande Roumanie a dit à l’officiel européen que, en bon chrétien, il ne pouvait pas mentir sur les centres de torture en Roumanie dont les autorités ont effacé toute trace ». Après avoir promis au député européen de lui livrer des preuves, Vadim Tudor lui a demandé, selon ce même communiqué, « de mettre fin à la diffusion de sondages mensongers en Roumanie qui nuisent au Parti de la Grande Roumanie, objet d’une fraude électorale ». Un véritable roman.


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