vendredi 17 novembre 2017

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Les Etats fourbissent leurs cyberarmes

Daniel Ventre, 01net

jeudi 28 avril 2011, sélectionné par Spyworld

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Depuis 2007, conséquences sans doute de l’affaire estonienne, nous assistons progressivement à la mise en place, et pas seulement en Europe, de nouvelles politiques et stratégies de cybersécurité et de défense, qui s’accompagnent de créations d’agences ou d’unités spécialisées.

Les Etats-Unis qui, depuis de nombreuses années, disposaient déjà, au sein de leurs armées, d’unités spécialisées en guerre de l’information, ont créé l’US Cyber Command en mai 2010. En son sein nous trouvons notamment l’Army Cyber Command (Arcyber), créée en octobre 2010, qui centralise les moyens de l’US Army dans le domaine de la protection de ses réseaux. La vingt-quatrième Air Force (localisée au Texas) est pleinement opérationnelle depuis octobre 2010. Elle est chargée de défendre les réseaux de l’Air Force contre les cyberattaques. L’Otan compte 15 centres d’excellence de cyberdéfense coopérative (CCD COE). Au niveau du continent européen, les états lancent des initiatives individuelles. L’Allemagne aurait créé une unité de cyberguerre, installée dans la ville de Rheinbach, en 2009. En février 2011, elle a mis en place un conseil national de cybersécurité, chargé de la coordination des opérations du centre national de défense situé à Bonn, pour faire coopérer police, services de renseignement et armée.

Plusieurs créations d’agences nationales...

Les Pays-Bas qui ont publié, en février 2011, une nouvelle stratégie de cybersécurité, ont annoncé la création d’un centre national de cybersécurité. En 2010 la Suisse projetait de créer deux unités dédiées à la cyberguerre au sein du Centre des opérations électroniques de l’organisation de soutien au commandement des forces armées. Elle publiera, fin 2011, une stratégie de cyberdéfense qui s’accompagnera nécessairement de moyens adaptés. En janvier 2011 le ministère de la Défense estonien proposait la constitution d’unités de cyberdéfense s’appuyant sur l’expertise de la communauté des informaticiens du pays, prenant la forme de forces paramilitaires. En mars 2009 le Royaume-Uni annonçait la création d’une unité dédiée à la cyberguerre, le Cyber Security Operations Centre, au sein du GCHQ. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des conclusions du Strategic Defense and Security Review, publié en octobre 2010.

... mais de nature différente

L’Europe n’est pas seule dans la course. On prête à l’Iran la volonté de développer des capacités de cyberguerre. En 2010, la Corée du Sud a créé un centre de commandement pour la cyberguerre, afin de contrer d’éventuelles attaques de la Corée du Nord (également dotée d’unités spécialisées de cyberguerre) et de la Chine (dont on sait toute l’importance qu’elle accorde à la dimension cybernétique dans le cadre de la Défense). L’Australie a annoncé en mars 2011 la création d’une unité spécialisée au sein de ses services de renseignement, dont la mission sera de mener des enquêtes sur les cyberattaques d’origine étatique et d’identifier les cybermenaces. La nature de ces unités et centres est fort différente d’un exemple à l’autre : certaines unités sont civiles, d’autres militaires, certaines auront immanquablement des finalités guerrières (et donc agressives), d’autres s’en défendent. Quoi qu’il en soit, de plus en plus nombreux sont les états qui affichent leurs stratégies et mettent en place des moyens de cyberdéfense, sous-entendant la possibilité de mener des affrontements. Les états fourbissent leurs armes. Personne ne souhaiterait être pris au dépourvu. Le fait est que cette dynamique contribue à l’arsenalisation du cyberespace, même si, un peu comme dans le cadre de la stratégie nucléaire, chacun jure qu’il ne sera jamais le premier à utiliser ses capacités de manière agressive.


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