vendredi 17 novembre 2017

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Les drones, un atout de plus en appui de la résistance en Libye

Claire Arsenault, RFI

jeudi 28 avril 2011, sélectionné par Spyworld

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L’annonce par les Etats-Unis, jeudi 21 avril 2011, de l’envoi de deux drones armés au-dessus de la Libye représente pour la résistance libyenne un plus de même que pour la coalition internationale. Destinée à apporter davantage de précision dans les frappes et par conséquent éviter de faire des victimes civiles, l’entrée dans les combats des deux drones américains ne risque pas cependant de changer fondamentalement le déroulement des opérations militaires. « Il ne s’agit là que d’une contribution modeste » a d’ailleurs lui-même précisé Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense.

Depuis l’entrée de la coalition occidentale dans le conflit libyen, le 19 mars 2011, ce sera la première fois que des drones armés seront utilisés. Dès hier, jeudi 21 avril, un premier drone armé de missile Hellfire a essayé de mener une attaque, mais il a dû renoncer à cause du mauvais temps a ainsi révélé le général américain James Carthwright, vice-chef d’état-major interarmées.

La décision de faire usage de drones armés a été prise en raison de la « situation humanitaire » a expliqué Robert Gates mais aussi parce qu’ils disposent de capacités exclusives. Ils ont « la capacité de voler plus bas et donc d’avoir une meilleure visibilité sur des cibles précises, maintenant qu’elles (les forces loyales au colonel Kadhafi) ont commencé à s’enterrer dans des positions défensives », a ajouté M. Gates. « Ils sont parfaitement adaptés à ces zones, des zones urbaines », a-t-il encore souligné et « cela apporte des capacités au commandement de l’Otan qu’il n’avait pas auparavant ».

Sans pilote mais pas sans homme

Pourtant, la réputation de ces appareils sans pilote qui peuvent voler 24 heures sans interruption, n’est pas particulièrement rassurante pour les populations civiles. Utilisés massivement par les Américains, notamment au Pakistan dans la lutte contre les insurgés talibans et contre les membres du réseau al-Qaïda, ces attaques ont fait depuis 2004 entre 1 439 et 2 290 morts selon un rapport publié en 2010 par la New America Foundation, un centre de réflexion basé à Washington. Mais, rectifie le rapport, parmi ces tués environ 20% n’étaient pas des activistes. Les tirs approximatifs des drones semblent cependant se raréfier au fur et à mesure que leur technologie progresse.

L’image d’un avion volant sans personne aux commandes est trompeuse. En réalité chaque drone armé américain mobilise des dizaines de personnes qui le « pilotent » depuis la base aérienne de Creech près de Las Vegas. Au total, il y a plus de personnels affectés aux systèmes pilotés à distance qu’à ceux nécessitant un équipage. Quelque 82 Predator et 26 Reaper de l’US Air Force sont actuellement en opération dans des zones de combat dont les deux Predator nouvellement postés en Libye. Un peu moins de la moitié des drones armés dont dispose l’armée américaine sont en phase de test ou de maintenance. Entre les appareils armés et les autres (destinés à la surveillance ou à l’observation) les Américains disposent de plus de 7 000 drones et depuis 2009, l’US Air Force a formé plus d’opérateurs de drones que de pilotes de F-16.


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