vendredi 17 novembre 2017

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Les drones apprennent à voler en formation

Frank Niedercorn, les Echos

mardi 3 mai 2011, sélectionné par Spyworld

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On est plus efficace à plusieurs. » Bien connu pour les êtres humains, l’adage peut aussi s’appliquer aux machines. Il est à la base du projet Carus, qui a pour objectif de faire voler des drones en formation. Ces appareils fonctionnant sans pilote sont aujourd’hui capables de voler et d’accomplir des missions (prise de photo ou de vidéo, mesures de différentes natures...) de façon autonome. Les faire évoluer en groupe est plus compliqué. Le projet est mené dans le cadre du « cluster » Aetos, initié par le Conseil régional d’Aquitaine, qui a pour vocation de faire émerger une filière industrielle autour des drones.

Trois partenaires sont aux commandes. Thales, qui a passé un accord avec l’université de Bordeaux, se charge de la gestion du projet. La jeune société Fly-n-Sense, installée au sein de la technopole Technowest, fournit le drone : le Scancopter CB 750, un petit appareil de 2 kilogrammes, capable avec ses 4 hélices de décoller verticalement, d’atteindre une vitesse de 30 mètres par seconde, mais aussi de rester en vol stationnaire avec une autonome d’une vingtaine de minutes. Et c’est le Labri (Laboratoire bordelais de recherche en informatique) qui est chargé d’apprendre à ces petites machines à collaborer. Des machines en autogestion

D’autres laboratoires, à l’université du Queensland en Australie, à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (projet Smavnet) ou à l’université du Colorado (projet Recuv), s’intéressent au sujet. Carus est cependant plus ambitieux, et entend montrer que les appareils doivent pouvoir travailler de façon autonome et sans recevoir d’ordre, insiste Serge Chaumette, professeur au Labri : « Il semble que nous soyons les seuls à envisager des vols en essaim avec des prises de décision qui se font uniquement en l’air sans interaction avec le sol. »

L’approche innovante des chercheurs consiste à laisser les appareils décider eux-mêmes. Une sorte d’autogestion accordée aux machines. « Si l’un des drones est obligé de se poser à la suite d’un incident, les autres peuvent se répartir les tâches et continuer la mission. De façon symétrique, si on envoie de nouveaux drones en l’air après que la mission soit commencée, ils prendront à leur charge une partie des tâches à réaliser », explique Serge

Chaumette.

Le secret ? La communication. Chaque drone dialogue en effet par radio avec l’appareil le plus proche. « La décision est ensuite prise de façon globale à partir des connaissances locales de chaque drone, qui possède sa propre expertise », précise le scientifique.

Les essais ont lieu en ce moment au camp de Souge, sur un terrain militaire de la banlieue de Bordeaux. A long terme, l’objectif est d’arriver à faire voler les drones à moins de 10 mètres les uns des autres comme une véritable patrouille. « L’objectif opérationnel le plus probable et le plus facile sera de les faire voler sur des secteurs géographiques éloignés. Avec pour intérêt de couvrir une zone plus ou moins importante selon l’endurance des drones », précise Christophe Mazel, président de Fly-n-Sense. L’une des applications envisagées consiste à surveiller les forêts pour prévenir les départs de feu. Les drones du projet Carus devraient montrer ce qu’ils savent faire fin juin, à l’occasion du Salon du Bourget.


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