mardi 21 novembre 2017

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Navires de guerre : Paris et Moscou prêts à signer

Alain Ruello, les Echos

jeudi 26 mai 2011, sélectionné par Spyworld

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Ce contrat porte sur les deux premiers navires qui seront assemblés à Saint-Nazaire. Il est évalué à 1,2 milliard d’euros selon nos informations et devrait être signé au plus tard en juin, lors du salon du Bourget.

Cinq mois après avoir sélectionné le tandem DCNS-STX France à l’issue de son appel d’offres, Moscou est sur le point de conclure l’achat controversé de navires de guerre avec Paris. « Nous avons trouvé un accord définitif s’agissant des deux bâtiment de projection et de commandement (BPC, NDLR) construits en France et des deux construits en Russie. Les éléments de la signature et du contrat ont été réglés, la signature aura lieu dans les quinze jours », a déclaré aujourd’hui Nicolas Sarkozy, à l’issue d’un entretien avec Dmitri Medvedev en marge du G8 de Deauville.

Le contrat auquel les deux Présidents font référence porte sur les deux premiers navires, qui seront assemblés à Saint-Nazaire. Evalué à 1,2 milliard d’euros selon nos informations, il devrait être signé au plus tard en juin, lors du salon du Bourget, en présence de Sarkozy et Poutine. Pour les deux autres exemplaires, un second contrat sera signé en fin d’année entre le ministère russe de la Défense et le chantier OSK de Saint-Pétersbourg. Il sera accompagné de contrats de sous-traitance auprès d’entreprises françaises, mais il est trop tôt pour en connaître les montants.

Avant d’opter pour un appel d’offres, la Russie a engagé des négociations de gré à gré avec la France, déclenchant l’ire des pays voisins, Géorgie en tête. Certains politiques américains sont aussi monté au créneau, dénonçant le projet de vente de matériel militaire d’un pays de l’Otan à l’ex-URSS, ce qui constituerait une première.

De conception récente, les BPC sont souvent comparés à des couteaux suisses étant donnée la palette de leurs fonctions : commandement, porte-hélicoptères, transport de troupes et de blindés, ou encore hôpital flottant. La France en possède deux, le « Mistral » et le « Tonnerre », ce dernier venant d’appareiller pour la Libye avec des hélicoptères à bord. Financé dans le cadre du plan de relance, un troisième, baptisé le « Dixmude », est en construction.

VIDEO (Marine Nationale -Le BPC Mistral et la frégate Georges Leygues)

Tout n’a pas été simple pour arriver à cet accord. Ces derniers mois, la presse moscovite a plus d’une fois assuré que les négociations étaient tombées à l’eau. Elles ont même valu son poste à un des plus hauts gradés de la marine russe, sur fond de rivalité de pouvoir . Plus que sur les transferts de technologies, accordés finalement a minima, les négociations ont buté sur le prix et la multiplication des organismes russes impliqués.

Si la vente se confirme, il s’agira de la première référence du BPC à l’exportation. Une dizaine de marines sont intéressées par ce type de navire, selon le PDG de DCNS, Patrick Boissier. En prévision d’un appel d’offres portant sur deux exemplaires, le groupe naval vient ainsi de signer un accord de partenariat avec le chantier indien Pipavav.

Le Canada figure aussi parmi les prospects potentiels du BPC. Cherchant à rajeunir sa flotte, Ottawa s’intéresse aussi de près aux frégates multi-missions françaises. Une importante délégation hexagonale s’est récemment rendue sur place pour vanter les qualités du bâtiment.


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