dimanche 17 décembre 2017

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Ecoutes de l’Elysée : Plenel accuse le "roi" Mitterrand

Nouvelobs.com

mardi 18 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

Le journaliste du Monde, l’une des principales victimes de l’affaire des écoutes de l’Elysée sous François Mitterrand actuellement jugée, a dénoncé avec virulence le travail de la cellule antiterroriste, au "service du roi".

Le journaliste du Monde, Edwy Plenel, l’une des principales victimes de l’affaire des écoutes de l’Elysée sous François Mitterrand actuellement jugée à Paris, a dénoncé avec virulence lundi 17 janvier devant le tribunal correctionnel le travail de la cellule antiterroriste, au "service du roi". "Le service du roi facilite tout, notamment la tentation de l’exception par rapport au droit", a déclaré Edwy Plenel, écouté entre 1985 et 1986 par la cellule antiterroriste qui avait "branché" la ligne téléphonique de sa compagne, Nicole Lapierre, partie civile à ses côtés. Enquêteur du quotidien chargé des questions de police au moment des faits, Edwy Plenel travaillait sur plusieurs affaires embarrassant le pouvoir, notamment celle des Irlandais de Vincennes, dans laquelle il a révélé que la cellule avait été à l’origine d’une manipulation policière pour arrêter de présumés "dangereux terroristes".

Créée au départ pour cacher au public des "secrets privés transformés en secrets d’Etat", comme la maladie du président ou l’existence de sa fille cachée, cette officine était "contraire à toutes les positions de principe" adoptées par François Mitterrand avant d’arriver au pouvoir, a-t-il poursuivi.

Pas monomaniaque

"On peut penser que je suis partisan, mauvais journaliste, mal intentionné. Mais c’est une autre chose que de penser que pour cela on a le droit d’enquêter sur moi", a-t-il encore déclaré. "Notre téléphone c’est notre confessionnal, on peut dire des bêtises, des âneries, des impostures, on peut pleurer même. Il y a des écoutes où on lit ’Benet’ (son surnom à la cellule, NDLR) craque...", a continué le journaliste. Devenu par la suite directeur de la rédaction du Monde jusqu’au mois de novembre dernier, il a tenu aussi à contrecarrer l’idée selon laquelle il était un adversaire acharné de l’ancien président. "Je ne suis pas un monomaniaque menant une campagne contre François Mitterrand. Je suis un spécialiste de la police qui enquête et découvre des faits", a-t-il expliqué. L’audience se poursuivait en milieu d’après-midi.


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