vendredi 17 novembre 2017

Accueil du site > Défense > France > Drones : Longuet veut "accélérer les travaux avec nos amis britanniques"

Drones : Longuet veut "accélérer les travaux avec nos amis britanniques"

Jean Guisnel, Le Point.fr

mardi 7 juin 2011, sélectionné par Spyworld

logo

La bataille des drones fait rage entre industriels européens, alors que les armées souhaitent acquérir rapidement des drones américains.

Le ministre de la Défense Gérard Longuet, dans un discours prononcé ce matin à Paris, a reproché aux armées d’avoir "manqué il y a dix ans le rendez-vous" des drones. Il a rappelé que les équipements dont disposent les militaires français "ne répondent pas à cet instant à toutes les exigences de nos combattants". S’écartant de son texte préparé, le ministre a estimé : "Il faut aller plus loin avec de nouveaux drones. Il faut définir nos besoins dans le cadre des études d’évaluation en cours dans le cadre du traité du traité de coopération franco-britannique." Gérard Longuet a ajouté : "Je souhaite accélérer les travaux avec nos amis britanniques. Le choix de la solution pérenne est notre première priorité."

Ce discours fait allusion à une compétition farouche opposant plusieurs industriels cherchant à doter les armées françaises de drones MALE (moyenne altitude longue endurance) modernes. D’une part, Dassault, associé à BAE Systems, propose un système de drone dérivé du projet britannique Mantis. D’autre part, EADS avance son système Talarion, en partenariat avec l’Allemagne et l’Espagne.

Solution intérimaire

Les promoteurs de ces solutions jurent qu’elles pourraient être prêtes dans dix ans, mais les militaires français, pour une fois d’accord entre eux, n’y croient pas. Ils demandent au gouvernement depuis des mois de trancher en faveur d’une solution intermédiaire rapide, un "gapfiller". À savoir la version la plus évoluée du drone Predator, le MQ-9 Reaper américain, armé de missiles Hellfire, déjà opérationnel et à l’oeuvre en Libye depuis plusieurs semaines. Il a été acquis par le Royaume-Uni et l’Italie, et il pourrait être opérationnel dans deux ans en France si elle décidait de l’acheter. Cette solution intérimaire est battue en brèche par EADS, qui préférerait voir les armées dotées de nouveaux exemplaires du drone Harfang de première génération, dont quatre exemplaires sont actuellement mis en oeuvre par l’armée de l’air. Dassault associé à Israel Aircraft Industries proposent de leur côté une autre solution intérimaire, le Heron TP.

Les propos de Gérard Longuet nous ont été rapportés par des témoins présents lors des Rencontres parlementaires sur la défense, organisées en partenariat avec le Groupement des industries françaises de défense terrestre (Gicat) le mardi 7 juin à Paris, sur le thème "Pour une politique industrielle de défense : pour quels objectifs et quels acteurs ?".


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :