mardi 21 novembre 2017

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Safran et Thales sont encore loin d’un accord

Alain Ruello, les Echos

lundi 20 juin 2011, sélectionné par Spyworld

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Les conseils d’administration des deux entreprises se sont réunis jeudi soir. L’écart de valorisation serait encore de 500 millions d’euros environ.

Deux semaines après avoir commencé à négocier le projet de rectification de leurs frontières voulu par l’Etat, Safran et Thales sont encore loin d’un accord. Les conseils d’administration de l’équipementier aéronautique et de l’électronicien de défense se sont réunis jeudi soir pour faire le point. En l’état actuel des valorisations des actifs concernés par le projet d’échange, il en ressortirait encore un écart de 500 millions d’euros environ, que Thales devrait payer à Safran pour équilibrer la transaction. Autrement dit, on est encore loin d’aboutir, même si, en deux semaines, l’écart se serait réduit de 200 millions environ. « Chacun campe sur ses positions », indique-t-on du côté de Thales. « Il subsiste une grosse différence », abonde-t-on dans l’autre camp. Entre les deux, Aldo Cardoso, ancien responsable d’Andersen et désigné médiateur dans cette affaire, essaie de rapprocher les points de vue. « Ce n’est pas sérieux »

Interrogé vendredi matin lors d’un point de presse, Charles Edelstenne, le PDG de Dassault, qui détient 26 % de Thales, n’a pas caché qu’il faudrait du temps pour conclure. « Cela peut prendre quelques semaines ou quelques mois », a-t-il déclaré. Charles Edelstenne s’est par ailleurs montré catégorique au sujet de l’avionique de Thales que Safran rêve de récupérer : pas question de s’en séparer, sous quelque forme que ce soit. Thales, a-t-il expliqué passablement agacé, est « une société d’électronique », tandis que Safran est « une société dont la vocation principale est la mécanique ». « Pourquoi dépouiller cette société d’électronique du coeur de sa technologie ? Ce n’est pas sérieux », a-t-il ajouté.

Jean-Paul Herteman, le PDG de Safran, qui a été reçu mercredi par Gérard Longuet, le ministre de la Défense, sait donc à quoi s’en tenir. Il lui faut également compter avec ses syndicats, très remontés contre le projet. L’intersyndicale est allée faire valoir son point de vue vendredi à l’Elysée. Espérant une rencontre avec leur PDG aujourd’hui ou demain, les représentants des salariés ont reporté à jeudi la manifestation prévue au Bourget. « Nous devrions être au moins 1.000 », assure Gérard Mardiné, délégué CFE-CGC. Contactés, ni Safran ni Thales n’ont souhaité commenter.


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