samedi 18 novembre 2017

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Le drone de combat européen pointe son nez au Salon du Bourget

AFP

lundi 20 juin 2011, sélectionné par Spyworld

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Le futur drone de combat européen est sorti des limbes au premier jour du Salon du Bourget avec l’annonce par le ministre de la Défense Gérard Longuet de la probable formation, dès cet été, d’une équipe commune franco-britannique de militaires chargés de l’esquisser.

Très attendu par les "opérationnels" français qui ne disposent pour l’heure que d’un drone obsolète et non armé, l’Harfang, ce nouvel appareil dit "Moyenne altitude - Longue endurance" (Male), pourrait entrer en service à la fin de la décennie.

Contrairement à l’Harfang, qui opère actuellement dans le ciel afghan mais reste cantonné à des missions d’obervation et de renseignement, ce nouvel avion sans pilote serait armé, comme l’est actuellement l’illustre Reaper américain, porteur de bombes guidées par laser et de missiles.

Installée au Royaume Uni "dès la fin de l’été", l’équipe franco-britannique aurait pour mission de définir, dans un délai d’environ un an et demi, un "cahier des charges commun suffisamment précis pour qu’un appel d’offres puisse être lancé", a précisé Gérard Longuet.

La création officielle de cette équipe devrait faire l’objet d’une annonce franco-britannique en bonne et due forme pendant le Salon du Bourget qui fermera ses portes dimanche, a précisé le ministère français de la Défense.

Jusqu’à présent, deux projets industriels se sont profilés. Le premier, porté par Dassault Aviation et BAE Systems, est baptisé Telemos. Il s’agirait d’un drone à l’armement similaire à celui du Reaper.

Le second, baptisé Talarion, est proposé par l’européen EADS qui s’est allié en dernier lieu avec un partenaire turc. Il serait non armé.

Inaugurant le Salon du Bourget, le président Nicolas Sarkozy a appelé lundi à "cesser" les "guéguerres franco-française" entre industriels, si possible "dans la bonne humeur et sur la base du volontariat". Et sinon "sur la base d’instructions.

A propos des drones, son ministre de la Défense a exhorté les industriels à "se parler un peu plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent", des propos qui visaient explicitement Dassault et EADS. Il n’y aura qu’un seul drone Male européen, a-t-il prévenu.

Paris considère que la maîtrise technologique de ces drones est "stratégique" et redoute que ne se reproduise dans cette affaire le processus qui avait conduit l’Europe à développer parallèlement deux projets d’avions de combat concurrent, le Rafale et l’Eurofighter.

Reste à assurer l’intérim, jusqu’à l’entrée en service du nouveau drone d’attaque européen. L’armée de l’air française ne dispose pour l’heure que de quatre exemplaires de l’Harfang dont le déploiement sur le théâtre afghan a été marqué par de nombreuses pannes.

Elle a plaidé en attendant pour un achat de Reaper et la France, dans un premier temps, a effectivement envisagé de recourir à cette solution. Une mission de la Direction générale de l’armement a même été dépêchée aux Etats-Unis pour entamer des disussions avec General Atomics, fabricant du Reaper et du célèbre Predator.

Gérard Longuet estime cependant qu’il n’y a pas réellement d’urgence opérationnelle faisant valoir que cette lacune capacitaire française était comblée en Afghanistan par la "mutualisation des moyens" alliés.

Un achat d’attente rendrait "l’avenir (d’une solution industrielle européenne) autonome compliqué", a-t-il également relevé.

L’autre solution, selon le ministre, serait donc de "faire évoluer les produits existants pour les prolonger" ou de "tenter une expérience différente" qui "poserait les jalons" d’une coopération franco-britannique.

Quoi qu’il en soit, cette solution intermédiaire devait émerger "fin 2011, début 2012", estime-t-il.


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