lundi 23 octobre 2017

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Démission du chef de la sûreté de l’Etat belge à la veille de révélations accusant ses services

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

mercredi 1er février 2006, sélectionné par Spyworld

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Koenraad Dassen le chef de la Sûreté de l’Etat belge, a démissionné, lundi 30 janvier, à la veille de la révélation d’un scandale concernant la livraison à l’Iran, par une entreprise flamande, de matériels pouvant être utilisés à des fins militaires ou nucléaires. Administrateur général des services de renseignements extérieur et intérieur, M. Dassen a, semble-t-il, pris les devants alors qu’un rapport du "Comité R", une commission chargée de contrôler les services de renseignement, devait être publié mardi. Le document met vivement en cause l’attitude de la Sûreté de l’Etat et de son principal responsable, accusé d’avoir livré "des informations incomplètes et donc peu conformes à la vérité".

La CIA (l’Agence centrale de renseignement américaine) avait alerté les autorités belges, dès juillet 2004, sur les activités de la firme EPSI. Spécialisée dans les presses, la société aurait livré à quatre reprises du matériel dont une partie pourrait, selon les Etats-Unis, aider à la production de pièces détachées pour l’aviation et aussi de drones et de missiles. La direction d’EPSI dément être associée à tout programme nucléaire ou atomique. Le "Comité R" dit ignorer, à ce stade, si ces livraisons ont violé les mesures internationales de contrôle des exportations, mais ne se prive pas d’épingler les carences des services de M. Dassen.

RÉFORME ATTENDUE

Ces derniers se voient reprocher de ne pas avoir vraiment enquêté et de s’en être tenus, sans preuve, à la thèse d’une manoeuvre américaine visant à nuire à une entreprise belge. Le rapport reproche enfin à M. Dassen d’avoir refusé de divulguer les informations dont ils disposait, sous prétexte que venant d’un service étranger, il ne pouvait le faire qu’avec l’accord explicite de celui-ci. Cette manoeuvre de retardement aurait entravé l’enquête alors que Washington voulait, au contraire, que ses renseignements soient rapidement connus.

Le "Comité R" formulera prochainement des recommandations en vue d’une réforme des services de renseignement. Un sujet souvent évoqué, rarement concrétisé. Il est de notoriété publique que la Sûreté belge manque de moyens humains et logistiques, surtout dans le domaine de la lutte contre la prolifération.

Curieux hasard : au moment où M. Dassen annonçait son départ, on apprenait la démission de Jean-Paul Samain, directeur de la sécurité nucléaire civile, critiqué pour sa mauvaise gestion. Ce départ conjugué d’un libéral flamand et d’un socialiste francophone laisse planer l’idée d’un marchandage politique.


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