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Les services secrets russes arrêtent un « espion chinois » et l’annoncent un an après

ATS/AFP

jeudi 6 octobre 2011, sélectionné par Spyworld

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Les services spéciaux russes (FSB) ont annoncé mercredi l’arrestation d’un espion chinois qui tentait d’obtenir des informations sur les missiles russes perfectionnés S-300, à quelques jours d’une visite en Chine du Premier ministre Vladimir Poutine.

Un espion présumé arrêté en Russie. L’homme est chinois. Et traducteur. Ce citoyen chinois, traducteur au sein de délégations officielles, tentait d’obtenir des documents (...) sur les systèmes d’armes S-300 qui constituent un secret d’Etat, auprès de citoyens russes auxquels il promettait une récompense", annonce les services secrets russes (FSB).

Cette arrestation est surprenante à plus d’un titre. D’abord, parce que Pékin attend la visite du premier ministre russe et futur candidat à la présidentielle Vladimir Poutine dans quelques jours (les 11 et 12 octobre prochains), une rencontre qui vise à renforcer les liens économiques entre les deux puissances.

Ensuite, parce que l’arrestation en question date d’il y a plus d’un an. Tong Shengyong, "a été arrêté le 28 octobre 2010 à Moscou". De surcroît, le FSB affirme que les documents saisis devaient permettre aux Chinois d’assurer l’entretien des systèmes S-300, missiles que Pékin a acheté à Moscou en 2010.

20 ans de camp ?

Tong Shengyong agissait "pour le compte du ministère de la Sécurité de l’Etat chinois", a précisé le FSB. "L’acte d’accusation a été approuvé par le Parquet général russe affaire et l’affaire a été transmise au tribunal municipal de Moscou qui va l’examiner", selon le communiqué des services spéciaux russes.

Aux termes du code pénal russe, l’accusé risque jusqu’à 20 ans de camp. L’ambassade de Chine à Moscou n’était pas joignable dans l’immédiat.

En avril 2010, la Russie a livré à Pékin 15 batteries contenant chacune quatre missiles S-300. Outre la Chine, d’autres pays tels la Slovaquie, le Vietnam et Chypre ont déjà acheté ce système de défense antiaérienne, déployé également dans la république séparatiste géorgienne pro-russe d’Abkhazie.

Selon l’expert militaire russe Alexandre Konovalov, les missiles S-300 vendus à de nombreux pays "ne représentent plus de secret".

"La Chine a besoin de technologies. Ils achètent parfois cinq avions russes pour lancer peu après la production d’appareils semblables avec un autre nom. Ils ont copié et continueront à copier", souligne l’expert, directeur de l’institut des évaluation stratégique.

2 scientifiques arrêtés

Deux scientifiques russes de Saint-Pétersbourg ont été arrêtés en mars 2009 soupçonnés par le FSB d’espionnage au profit de la Chine.

L’affaire de Sviatoslav Bobychev et Evgueni Afanassiev, professeurs de la chaire des missiles et des appareils spatiaux à l’Université technique Baltiïski Voïenmekh, un établissement secret à l’époque soviétique, a été transmise au tribunal début septembre.

Les missiles S-300 sont semblables au Patriot américain, un engin mobile de défense antiaérienne très perfectionné. En juin 2010, Moscou a gelé le contrat de livraison à l’Iran de ces engins, après l’adoption de nouvelles sanctions contre Téhéran aux Nations unies.

Tout sauf l’Iran

Israël, les Etats-Unis et l’Europe s’étaient élevés contre ce contrat, craignant que cet armement ne permette de défendre efficacement les installations nucléaires iraniennes.

Ce système est capable de détruire des missiles de croisière et d’abattre des avions à une distance de 150 km et à une altitude allant jusqu’à 27 km. Il a été développé au cours des années 1980.

La Russie a renoncé à la production de ces missiles pour son armée qu’elle compte moderniser dans les 10 ans à venir avec les systèmes de nouvelle génération S-400.


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