dimanche 17 décembre 2017

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Le Pentagone prépare une « longue guerre » antiterroriste

Philippe Gélie, le Figaro

samedi 4 février 2006, sélectionné par Spyworld

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La première armée du monde veut plus de forces spéciales et plus d’armes de pointe pour faire face aux nouvelles menaces.

LA CAMPAGNE contre le terrorisme a un nom officiel, qui la propulse au niveau des grands conflits du passé, comme les deux guerres mondiales et la guerre froide : c’est « la longue guerre », titre du dernier discours du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. L’expression a fait son chemin dans l’Administration depuis son utilisation en 2004 par le général John Abizaïd, commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, jusqu’au discours sur l’état de l’Union prononcé mardi par George W. Bush : « Notre génération est plongée dans une longue guerre face à un ennemi déterminé », a dit le président.

Ce sont aussi les premiers mots de la Revue de défense quadriennale (QDR) dévoilée hier : « Les États-Unis sont engagés dans ce qui va être une longue guerre. » Pour y faire face, ce document de réflexion et d’orientation, exigé tous les quatre ans par le Congrès, définit les nouvelles priorités de la première armée du monde : plus de forces spéciales pour mener la chasse aux terroristes, une meilleure défense du territoire face aux risques d’attaques non-conventionnelles et plus d’armes de pointe pour renforcer la dissuasion face à des puissances comme la Chine. La QDR accompagne la présentation du budget militaire pour 2007 : 439,3 milliards de dollars de frais de fonctionnement, auxquels s’ajoutent 120 milliards pour les opérations en Irak et en Afghanistan (sur 2006-2007). Au total, le coût des « premières batailles » de la longue guerre atteindra 440 milliards de dollars l’an prochain.

Deux guerres simultanément

Depuis qu’il dirige ce mastodonte, Donald Rumsfeld n’a qu’une obsession : le rendre plus efficace et plus agile. Cela domine encore dans la dernière réflexion stratégique du Pentagone, qui ne remet pas en cause les impératifs définis en 2001, avant les attentats du 11 Septembre : l’armée américaine doit toujours être capable de mener simultanément deux guerres « majeures », dont une assortie d’un « changement de régime » ou d’une occupation. La « révolution stratégique » qu’espéraient certains n’étant pas à l’ordre du jour, les changements dans la « construction de la force » restent marginaux. Non seulement l’état-major écarte tout renfort permanent, mais il projette de faire plus avec moins : en composant des unités plus petites, l’armée de terre fera passer ses forces de combat de 48 à 70 brigades, tout en réduisant légèrement le total du contingent d’active (à 482 000 soldats). C’est sur les commandos et la haute technologie que le Pentagone mise pour les vingt années à venir. Les 52 000 Bérets verts, Rangers, Navy Seals et autres Delta Forces vont voir leurs effectifs croître de 15%, et même d’un tiers dans le cas des Forces spéciales de l’armée de terre (de 15 à 20 bataillons). Pour traquer les terroristes en Afghanistan et en Irak, l’Air Force va créer une unité de drones (avions télécommandés sans pilote). Pour renforcer la sécurité du territoire, des Forces de réaction rapide vont être mises sur pied aux États-Unis, ainsi qu’une unité d’experts nucléaires et biologiques équipée de robots, afin de déterminer rapidement l’origine d’une attaque et d’enclencher la riposte. L’armée met aussi l’accent sur les opérations de stabilisation et le renforcement de ses capacités linguistiques. Elle vient d’obtenir le droit de financer directement des troupes étrangères, sans passer par le Département d’État.

Pour répondre aux menaces conventionnelles, potentiellement posées par des puissances comme la Chine, les coûteux programmes du chasseur F/A- 22 et du destroyer DDX sont maintenus pratiquement intacts. L’US Navy va aussi doubler le rythme d’acquisition de sous-marins d’attaque, passant à deux par an d’ici à 2012.


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