mercredi 18 octobre 2017

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Le responsable des écoutes secrètes aux Etats-Unis défend le programme

AFP

dimanche 5 février 2006, sélectionné par Spyworld

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Le général Michael Hayden, numéro deux du renseignement national aux Etats-Unis, a réaffirmé dimanche que les écoutes extrajudiciaires controversées qu’il a mises en place étaient légales et auraient permis l’identification d’agents d’Al-Qaïda avant le 11-Septembre.

Michael Hayden a été étroitement associé à la création de ce programme en tant que directeur à l’époque de l’Agence nationale de sécurité (NSA), une agence de renseignement qui pilote ces écoutes antiterroristes.

La commission des Affaires judiciaires du Sénat doit entendre lundi le ministre de la Justice Alberto Gonzales sur leur légalité.

Si le programme - visant des communications entre les Etats-Unis et l’étranger - avait existé avant le 11-Septembre "nous aurions identifié certains des agents d’Al-Qaïda aux Etats-Unis", a réaffirmé Michael Hayden sur la chaîne américaine ABC.

"Le but de ce programme est de détecter et prévenir. La vitesse compte beaucoup", a-t-il également déclaré sur la chaîne Fox, en soulignant que la procédure judiciaire ordinaire était trop lente et complexe.

Le Washington Post a révélé dans son édition de dimanche que 5.000 Américains ont pu être visés par des enregistrements de conversations et des analyses de courrier électronique depuis 2002.

Selon le quotidien, la surveillance se fait "à plusieurs niveaux", en démarrant avec une surveillance informatique de "centaines de milliers de fax, emails et appels téléphoniques". Ces interceptions sont ensuite filtrées pour déterminer lesquelles doivent être analysées par un agent.

Le quotidien affirme que cette surveillance très étendue n’a finalement abouti qu’à l’identification d’une dizaine de personnes par an, vivant aux Etats-Unis et jugées suffisamment suspectes pour que des écoutes sur leurs appels nationaux soient ordonnées.

Sur la chaîne CBS, le très conservateur sénateur républicain de l’Alabama Jeff Sessions, prenant aussi la défense du programme, a estimé que l’information n’avait rien de choquant.

"Une affaire permettant d’identifier une cellule dormante peut être une question de vie ou de mort", a-t-il dit.

Michael Hayden a pour sa part démenti que la surveillance soit aussi aveugle : "Lorsque la NSA s’intéresse au contenu d’une communication (...), elle a déjà établi les raisons pour lesquelles elle est intéressée par cette communication spécifiquement", a-t-il déclaré.

Mais les dissensions au sein de la majorité ont continué à se manifester : le sénateur républicain de Pennsylvanie, Arlen Specter, président de la commission des Affaires judiciaires, a réitéré dimanche ses réserves.

"J’ai été très sceptique car c’est une violation nette de la loi sur le renseignement étranger" (FISA), de 1978, qui encadre les écoutes et exige un mandat judiciaire délivré par une cour spéciale, a-t-il rappelé : Les juges de cette cour "seraient éminemment qualifiés pour évaluer ce programme".

S’exprimant sur son utilité même, un autre sénateur, le démocrate Patrick Leahy, numéro deux de la même commission a ironisé sur CBS : "Vous pensez qu’Al-Qaïda est bête au point de prendre le téléphone et d’appeler quelqu’un en disant ’ici le numéro vert d’Al-Qaïda, nous voudrions recruter quelqu’un’" ?


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