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Ecoutes : l’administration Bush au banc des accusés

Le Figaro, avec AFP

lundi 6 février 2006, sélectionné par Spyworld

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La commission des affaires judiciaires du Sénat entendra le Ministre de la Justice lundi après-midi dans l’affaire controversée des écoutes extrajudiciaires menées aux Etats-Unis après le 11 septembre. Une audition très attendue outre-Atlantique.

Les sénateurs sont sceptiques quant à la légalité des écoutes extrajudiciaires menées aux Etats-Unis après le 11 septembre 2001. Pour la première fois lundi, le ministre de la Justice en personne, Alberto Gonzales, devra en rendre compte devant la commission des affaires judiciaires du Sénat.

Une audition particulièrement attendue outre-Atlantique, où la révélation de cette affaire par le New York Times, il y a quelques semaines, avait suscité une vive émotion. Même au sein de la majorité, la méthode est critiquée.

« L’impeachment pourrait être un remède »

Il y a trois semaines, le président de la commission, pourtant Républicain, n’avait pas hésité à soutenir que, si le Congrès concluait que George W. Bush avait violé la loi, « l’impeachment (procédure de destitution, ndlr) serait un remède ». Et d’ajouter dimanche, en qualifiant ces écoutes : « C’est une violation nette de la loi sur le renseignement étranger (Fisa) » de 1978 qui exige qu’un mandat judiciaire soit délivré par une cour spéciale.

La gauche maintient une pression très forte sur cette affaire qui inquiète les défenseurs des libertés civiles. L’organisation MoveOn.org a d’ailleurs commencé à diffuser un clip comparant George W. Bush à Richard Nixon, le président poussé à la démission en 1974 par une affaire d’écoutes politiques après le Watergate.

Le Washington Post a en outre publié dimanche une longue enquête où il affirme que les conversations et emails de 5.000 Américains ont sans doute été décortiqués dans ce cadre, alors que seulement dix personnes ont au final été jugées assez suspectes pour que des investigations plus poussées soient ordonnées.

Les sénateurs veulent entendre John Ashcroft

La commission a promis de mettre l’administration devant ses contradictions : il y a un an, Alberto Gonzales avait démenti tout programme d’écoutes extraordinaires. Une proposition de résolution affirmant l’illégalité des écoutes a déjà été présentée.

Côté défense, la ligne de conduite devrait être sans surprise. « Guerre contre le terrorisme » et « sécurité nationale » étant les maîtres mots du ministre, qui était conseiller juridique de la Maison Blanche lorsque le programme a été lancé. Le numéro deux du renseignement national a même réaffirmé dimanche que si le programme avait existé avant le 11 Septembre, « des agents d’Al-Qaïda aux Etats-Unis auraient été identifiés ».

De peur de rester sur leur faim, les démocrates ont d’ores et déjà réclamé des auditions supplémentaires. Ils veulent notamment entendre l’ancien ministre de la Justice John Ashcroft qui aurait personnellement approuvé le programme.


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