dimanche 22 octobre 2017

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Espionnage : Dans les coulisses du Mossad

Patrick Girard, Marianne

lundi 6 février 2006, sélectionné par Spyworld

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Gordon Thomas*consacre une excellente étude à l’histoire des redoutables services secrets israéliens dont les exploits faisaient jadis pâlir d’envie leurs rivaux.

Etre katsa, un officier du Mossad, voilà qui vous pose un homme ou une femme. Depuis leur création officielle, en 1951, les services secrets israéliens pouvaient se targuer d’exploits, certains contestable comme l’élimination des terroristes responsables du massacre de la délégation israélienne aux Jeux olympiques de Munich. A leur actif, ils ont la capture d’Adolf Eichmann en Argentine, l’affaire des Vedettes de Cherbourg, l’infiltration au plus haut niveau de différents gouvernements arabes et la livraison d’informations sensibles aux Etats-Unis, à la Grande Bretagne et à la France, voire à quelques pays arabes et africains dont ils redoutaient une déstabilisation.

A leur passif, des coups tordus comme la tentative d’enlèvement d’un opposant nigérian, le rapt de Mordekhay Vanunu, soupçonné d’avoir livré des informations sensibles à la presse britannique sur le programme nucléaire israélien, l’assassinat en Norvège d’un serveur marocain pris à tort pour un terroriste et d’autres bavures réglées, avec pertes et fracas, en interne.

Gordon Thomas souligne surtout l’implication du Mossad dans différents dossiers où il put faire parvenir à différents interlocuteurs des informations essentielles ou les tenir en réserve pour, le cas échéant, faire pression, à des fins diverses, sur les intéressés. C’est ainsi qu’il n’ignorait rien des envois de fonds du Vatican à Solidarnosc par le biais de détournements opérés, avec la bénédiction de la CIA, au sein de banques proches du Saint Siège, qu’il informa Jean Paul II qu’Ali Agça, auteur de l’attentat contre le Pape, avait été entraîné et manipulé par Téhéran, ou qu’il recruta comme agent le chauffeur de Diana et Dodi. Il aurait aussi fourni à la CIA des dossiers sur les liens entre certaines sociétés US implantées en Chine et Oussama Ben Laden.

Gordon Thomas revient longuement sur les liens entre le Mossad et Robert Maxwell. Le magnat britannique de la presse aurait subventionné les activités des services israéliens en puisant largement dans les caisses de ses journaux. Avant d’être exécuté par ledit Mossad qui refusait de lui rembourser les sommes avancées.

Le livre de Gordon Thomas se lit d’une traite. Il est passionnant. Reste à savoir quel message le Mossad, dont les agents ont distillé soigneusement à l’auteur des confidences bien choisies, a-t-il voulu faire passer. Certaines recensions ne donneront pas lieu à publication.

* Gordon Thomas, Histoire secrète du Mossad de 1951 à nos jours, nouveau monde Editions, 528 p., 24 euros.


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