mercredi 13 décembre 2017

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Lyon teste ses réactions à une attaque terroriste de grande ampleur

Sophie Landrin, le Monde

mardi 14 février 2006, sélectionné par Spyworld

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Une grande partie de la ville avait été bouclée dès 19 heures. La simulation a débuté à 20 h 45, à la station de métro Gerland, où un passager était censé avoir fait sauter une bombe posée sous un siège dans une rame à quai. Dix minutes après, sur une rame du tramway, aux confins de la presqu’île, un kamikaze déclenchait sa ceinture de munitions. Enfin, à 21 h 30, quarante-cinq minutes après la première attaque, un engin placé place des Terreaux, devant l’hôtel de ville, explosait. Lyon s’est livrée, lundi 13 février, à un exercice de sécurité civile reposant sur la simulation d’attentats multiples et concomitants, inspirés des événements de juillet 2005, à Londres.

L’opération, qui a duré plus de cinq heures, a mobilisé environ 1 600 personnes, dont 220 figurants. La répétition, une première de cette ampleur en France, a été diligentée par le préfet du Rhône, Jean-Pierre Lacroix. "Notre but était de tester l’organisation des secours, la montée en puissance de la chaîne de commandement et de la chaîne médicale et l’organisation interservices en intégrant la dimension judiciaire de l’événement", a expliqué M. Lacroix.

Les auteurs de ce scénario-catastrophe ont situé l’action lors de la Biennale de la danse, qui accueille des centaines de milliers de visiteurs. Bilan du premier attentat fictif : dix personnes décédées, trente blessés, vingt personnes choquées. Dans la rame de métro, les secours sont arrivés, alors que la station était plongée dans l’obscurité et qu’un début d’incendie se déclarait. Cris des victimes, blessés sanguinolents, kamikazes en fuite, les protagonistes devaient tester l’efficacité d’un poste médical avancé.

Le deuxième attentat visait une exposition futuriste sur le site de la Sucrière, un lieu d’exposition branché. Bilan : vingt morts, vingt blessés et quinze personnes choquées. Ici, ce sont les capacités d’intervention de la police judiciaire qui ont été plus particulièrement mesurées. Le procureur de la République, Xavier Richaud, avait été chargé d’imaginer les solutions destinées à préserver les éléments nécessaires à l’enquête.

MANNEQUINS SYMBOLISANT LES MORTS

Le troisième attentat était peut-être le plus délicat. Sur un site qualifié de "sensible" parce qu’enclavé, à l’occasion d’un spectacle en plein air son et lumière, un explosif devait provoquer la mort de dix personnes, blessant quatre-vingt spectateurs et choquant vingt autres. Sur la place, des mannequins gisaient, symbolisant les morts, alors qu’une immense colonne de véhicules de pompiers et du SAMU stationnait le long d’une rue perpendiculaire. Les blessés ont été entassés sur des civières, emmitouflés sous des couvertures de survie dorées.

Cette dernière simulation avait pour but de coordonner l’intervention de secouristes appelés d’autres départements limitrophes, qui ne disposeront pas avant trois ans de liaison radio commune, ainsi que l’efficacité d’un nouvel outil, une liaison vidéo, renvoyant au PC de crise installé dans les sous-sols de la préfecture, les scènes des attentats.

Des observateurs de chaque service impliqué doivent rendre d’ici trois semaines leur bilan, et des observateurs indépendants issus de l’Ecole des mines devraient rendre leur conclusion avant trois mois. Le 24 février, Lyon, qui avait déjà expérimenté des simulations d’attentats au gaz sarin et à la variole, devrait se soumettre à un nouvel exercice, concernant cette fois la crise de la grippe aviaire.


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