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Paris et Moscou à la recherche d’un partenariat autour d’une défense européenne

Le Monde

vendredi 21 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

Les ministres de la défense et des affaires étrangères des deux pays discutent d’une association entre la Russie et la politique commune européenne de sécurité et de défense, dont les modalités ne satisfont pas encore Moscou.

Les ministres de la défense et des affaires étrangères des deux pays discutent d’une association entre la Russie et la politique commune européenne de sécurité et de défense, dont les modalités ne satisfont pas encore Moscou.

Les ministres français des affaires étrangères, Michel Barnier, et de la défense, Michèle Alliot-Marie, ont discuté, vendredi 21 janvier, avec la direction russe, d’une "architecture" de sécurité européenne, qui achoppe pour l’instant sur la volonté de Moscou d’intervenir sur un pied d’égalité avec les membres de l’Union.

Avant d’être reçus au Kremlin par le président Vladimir Poutine, qui a qualifié la France de "partenaire prioritaire" de Moscou, M. Barnier et Mme Alliot-Marie ont eu des entretiens à quatre avec leurs homologues russes des affaires étrangères et de la défense, Sergueï Lavrov et Sergueï Ivanov, qui ont porté en grande partie sur les modalités d’une structure commune de sécurité européenne.

"Nous recherchons et nous voulons trouver la meilleure façon de développer cette association entre la Russie et la politique commune européenne de sécurité et de défense", a déclaré Michel Barnier à l’issue de ces entretiens. "Il y a de part et d’autre un évident souhait de rapprochement entre la Russie et l’Union européenne. La proximité géographique, un certain nombre de défis auxquels nous sommes confrontés, nous font souhaiter ce rapprochement", a pour sa part souligné Mme Alliot-Marie.

LA RUSSIE VEUT ÊTRE SUR "UN PIED D’ÉGALITÉ"

Mais Moscou et Paris voient de manières différentes les modalités d’un tel partenariat. "Pour nos partenaires russes, le modèle est le partenariat qui existe entre la Russie et l’OTAN, et nous avons naturellement à expliquer que (...) l’Union européenne n’est pas semblable, pas comparable à l’OTAN, ce n’est pas la même organisation", a relevé M. Barnier. "Je pense que cette approche-là a été comprise aujourd’hui", a-t-il assuré.

Son homologue russe, Sergueï Lavrov, n’a pas commenté ce point. Il avait déclaré mercredi que la Russie souhaitait un partenariat "sur un pied d’égalité" et sur le modèle du Conseil OTAN-Russie, "où il n’y a pas de blocs et où les pays s’expriment sur une base nationale". Et non pas "en se mettant d’abord dans le cadre de l’UE et en faisant ensuite une proposition à la Russie". M. Barnier a assuré être persuadé "que nous allons trouver une solution pour ce partenariat opérationnel, y compris pour décider ensemble des opérations et les faire ensemble".

Le Conseil OTAN-Russie, créé en 2002, offre aux 19 membres de l’Alliance atlantique et la Russie un rôle égal pour la prise de décisions sur un éventail de questions dans le domaine de la sécurité.

RENFORCER LA LUTTE ANTITERRORISTE

Les deux pays ont par ailleurs affiché une concordance de vues sur de grandes questions d’actualité. M. Barnier a déclaré que Moscou et Paris allaient "renforcer" leur coopération dans le domaine de la lutte antiterroriste, et travaillaient "en contact" et en "bonne intelligence" sur la question de l’Iran. Le processus de négociations avec Téhéran "est fragile et nous gardons les yeux grands ouverts. Mais il n’y a pas d’alternative" à cette politique, a-t-il dit. "Nous informons les Etats-Unis, qui ont marqué du scepticisme" face à cette politique, a ajouté M. Barnier, soulignant également qu’il fallait "que l’Iran renonce à l’arme nucléaire".

Sergueï Lavrov a insisté sur la nécessité de "conjuguer les efforts de la Russie et de la France" sur les grandes questions abordées vendredi : Irak, Iran, Corée du Nord, Kosovo, Proche-Orient, Afghanistan.

Enfin, sur la question de la Tchétchénie, Michel Barnier, qui a appelé à nouveau à une "solution politique", s’est défendu devant les journalistes d’avoir baissé le ton par rapport à son prédécesseur, Dominique de Villepin, lequel déclarait à Moscou il y a un an que la république indépendantiste était "en situation de guerre ouverte depuis de trop longues années".

Avec AFP


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