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Eutelsat n’est pas candidat pour prendre la barre de Galileo

Christophe Guillemin, ZDNet France

jeudi 2 septembre 2004, sélectionné par Spyworld

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L’opérateur français de satellites de télécommunication se retire de la course à la concession du programme Galileo. Après la perte d’un de ses partenaires, il n’aurait plus été en mesure d’assumer le financement du budget de 1,4 milliard d’euros.

À quelques mois de la décision finale, attendue pour décembre 2004, il ne reste plus que deux consortiums concurrents dans la course à l’obtention de la concession du futur système européen de navigation par satellite Galileo.

Le consortium Eutelsat se retire du projet, a-t-il annoncé le 1er septembre. Initialement, ils étaient quatre groupes d’industriels à vouloir prendre la direction de la société commune qui gérera le déploiement du projet : Galileo Joint Undertaking (GJU), dont les bureaux sont à Bruxelles.

En février dernier déjà, le groupe allemand OHB-System AG, constructeur et opérateur de satellites, avait vu sa candidature rejetée par GJU. Il restait donc le consortium Inavsat composé du groupe européen d’aéronautique, d’espace et de défense EADS, du groupe français d’électronique militaire Thales, et des opérateurs de satellites Inmarsat (britannique) et SES Global (luxembourgeois).

En lice également, le groupe français de BTP Vinci, appuyé par l’équipementier télécoms Alcatel et le groupe italien d’aéronautique Finmeccanica.

Le troisième concurrent, qui a donc jeté l’éponge, était l’opérateur français de satellites de communication Eutelsat, épaulé par les sociétés Hispasat (opérateur satellite espagnol), Aena (aviation civile espagnole) et Logica CMG (opérateur de services télécoms britannique).

Eutelsat, le plus faible candidat ?

Les raisons d’Eutelsat demeurent évasives. Un de ses porte-parole a motivé ce retrait, auprès de l’AFP, par une « approche prudente » vis-à-vis modèle économique du projet. Ce dernier exigerait du concessionnaire une création de « valeur et de rentabilité à la hauteur des engagements financiers et des risques pris ». La direction d’Eutelsat n’a pas répondu à nos appels pour fournir de plus amples détails.

Mais en coulisses, on analyse ce retrait par un affaiblissement du consortium, qui ne serait plus en position de faire face à l’investissement financier demandé par Galileo. En effet, le futur maître-d’œuvre devra financer les deux tiers du budget nécessaires au déploiement du système, soit 1,4 milliard d’euros. Les 700 millions restants proviendront d’investissements publics de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de la Commission de Bruxelles.

Le retour sur investissement se fera sur les recettes générées par les contrats que Galileo obtiendra, mais pas avant l’horizon 2008/2009, date à laquelle les premières applications civiles et commerciales seront actives. Mieux vaut donc avoir les reins très solides. Or il y a quelques semaines, Logica CMG a quitté le consortium. Par ailleurs, dès le début, Eutelsat aurait été le concurrent le plus « faible », remarque une source proche du dossier. « Il ne possédait pas de constructeur de satellites à l’image de Thales ou Finmeccanica, et aurait donc dû faire appel à la sous-traitance, un handicap de poids. »

Au sein de la société commune, on se refuse à considérer Eutelsat comme le candidat le plus faible. « Nous avons retenu trois propositions qui avaient chacune leurs atouts », assure à ZDNet son porte-parole. Quant à l’évolution du dossier, « cela ne change rien pour nous et nous poursuivons désormais l’évaluation des candidatures des deux autres groupes », indique-t-il.

GJU rendra son rapport et présentera son choix à la Commission européenne, qui supervise cette nomination, à la fin septembre. La Commission transmettra alors ses conclusions au Parlement qui devrait trancher en dernier recours en décembre prochain.



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