mardi 17 octobre 2017

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Moscou souhaite protéger ses secteurs stratégiques

Marie Jégo, le Monde

vendredi 3 mars 2006, sélectionné par Spyworld

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Les investisseurs désirant travailler en Russie peuvent être rassurés : le gouvernement "n’interdira pas" les investissements venus de l’étranger, explique un communiqué émis récemment par le ministère de l’industrie et de l’énergie.

En revanche, le gouvernement russe a annoncé, jeudi 2 mars, qu’il mettait au point un projet de loi visant à contrôler l’accès des investisseurs étrangers dans les "secteurs stratégiques" de l’économie, c’est-à-dire l’énergie, les minerais, l’armement, le nucléaire, la téléphonie mobile et bien d’autres domaines.

L’obligation de soumettre les projets d’investissements étrangers à autorisation existe dans "plusieurs pays comme les Etats-Unis, l’Espagne, la France et la Finlande", rappelle le ministère. Evoquée par le président Vladimir Poutine devant le Parlement au printemps 2005, l’idée de contrôler les participations étrangères dans l’économie nationale a fait son chemin.

Plongé dans une atmosphère de paranoïa depuis la "révolution orange" survenue en Ukraine à la fin de l’année 2004, le gouvernement russe, alarmé par la perspective d’une trop grande présence étrangère dans l’économie, voudrait, dès lors qu’il s’agit d’entreprises stratégiques, limiter la participation non russe à 25 %.

Les fonctionnaires ont travaillé sur le projet pendant toute l’année 2005, épaulés par l’administration présidentielle et par les services de sécurité (FSB, ex-KGB). Les ministères de l’industrie et de l’énergie (dirigé par Viktor Khristenko) et du développement économique (conduit par Guerman Gref) sont à l’origine du projet, mais les divergences qui les opposent ont empêché la loi de voir le jour.

Le projet de loi, qui devrait être dévoilé le 9 ou le 16 mars, prévoit que "l’acquisition d’une part de contrôle (des entreprises) par des étrangers sera soumise à autorisation pour 39 types d’activité", a affirmé M. Gref. Il s’agit selon lui de rendre la situation économique "plus transparente pour les étrangers". La liste des secteurs protégés sera prochainement dressée.

L’idée est considérée par les banques occidentales "comme l’une des menaces les plus sérieuses pour le climat de l’investissement en Russie", rappelait dans son édition de jeudi le quotidien Kommersant. Les investissements directs étrangers en Russie, soit 13 milliards de dollars en 2005 (10,8 milliards d’euros), ont augmenté de 39 % sur un an, mais restent faibles à l’échelle du pays, surtout si on les compare à ceux reçus dans le même temps par la Chine.


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