lundi 23 octobre 2017

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Le gouvernement néerlandais mobilise la population contre le terrorisme

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

samedi 4 mars 2006, sélectionné par Spyworld

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Distribué dans toutes les boîtes aux lettres du pays, un dépliant officiel du gouvernement va inviter la population des Pays-Bas à mieux coopérer avec les forces de l’ordre dans la lutte contre le terrorisme ; le même message sera diffusé sur un site Web et dans des messages radio-télévisés. Les citoyens y sont invités à dénoncer "les personnes et les situations suspectes" mais "dans le respect et la confiance mutuels".

Le coup d’envoi de cette campagne de sensibilisation a été donné par les ministres de la justice et de l’intérieur des Pays-Bas, Piet-Hein Donner et Johan Remkes, le 27 février, une semaine avant les élections municipales du 7 mars. Décidée après les attentats de Londres, en juillet 2005, elle se déroulera sur trois ans. Elle coûtera 4,8 millions d’euros la première année et est placée sous l’autorité de Tjibbe Joustra, coordinateur de la lutte antiterroriste. Ce dernier affirme que la menace d’attentats aux Pays-Bas reste "substantielle".

"VISIBLE OU INVISIBLE"

Les villes d’Amsterdam, Rotterdam, Utrecht et La Haye, la police, les chemins de fer et les autorités de l’aéroport de Schiphol seront les principaux partenaires d’une opération que réclamait l’opposition populiste, héritière de Pim Fortuyn. "Notre but est de rendre la société plus consciente, pas plus inquiète", souligne le ministre de la justice. Son collègue de l’intérieur a expliqué qu’il fallait rendre les Néerlandais "plus confiants dans la manière dont les autorités combattent le terrorisme, de manière visible ou invisible".

L’action des forces de l’ordre, des services de renseignement et de la justice a été souvent critiquée depuis 2001. Divers acquittements ont été prononcés par des tribunaux appelés à juger des filières islamistes. Des menaces émanant de groupes divers et mal identifiés sont, de manière récurrente, exercées sur des personnalités politiques. Les autorités ont surtout été accusées de n’avoir pu prévenir les assassinats de Pim Fortuyn, en 2002, puis du cinéaste Theo Van Gogh, en 2004.

La campagne vise à convaincre les citoyens que "200 000 personnes" sont désormais impliquées dans la lutte antiterroriste. Ce chiffre inclut les policiers, les militaires, mais aussi les enseignants et les jeunes soucieux d’éviter les processus de radicalisation, expliquent les autorités.

L’opération donne déjà lieu à quelques polémiques. Lancée sous le slogan "Vous aussi, vous pouvez faire quelque chose", elle hésite entre la stigmatisation et la prudence. L’une des questions "fréquemment posées" auxquelles le site Internet tente de répondre est, par exemple, "J’habite près de personnes de diverses nationalités et parfois j’ai peur de vivre auprès d’un terroriste, que dois-je faire ? "


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