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La DST s’attaque aux "filières irakiennes"

Nouvelobs.com

mercredi 26 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

Sept personnes, dont deux femmes, ont été interpellées lundi à Paris au cours de la première opération menée en France contre les "filières irakiennes" de jeunes partis en Irak pour combattre contre la coalition américaine.

Sept personnes ont été interpellées lundi à Paris par la DST au cours de la première opération menée en France contre les "filières irakiennes" de jeunes Français partis en Irak pour y participer aux combats, a-t-on appris mardi 25 janvier de sources proches du dossier. Ces sept personnes, dont ni les identités ni les âges n’ont été révélés et parmi lesquelles figurent deux femmes, se trouvaient toujours en garde à vue mardi soir dans les locaux parisiens de la DST (Direction de la surveillance du territoire, le contre-espionnage français), a-t-on précisé de même source.

Les "filières irakiennes"

Cette opération, qui s’est déroulée simultanément lundi matin dans plusieurs endroits du 19ème arrondissement de la capitale, est la première menée en France contre ce que les spécialistes appellent les "filières irakiennes", après que plusieurs jeunes Français eurent trouvé la mort en Irak au cours de l’été 2004. Ce fut le cas pour Tarek N., 24 ans, originaire de la région parisienne, tué le 17 septembre dernier dans le "triangle sunnite", au nord et à l’ouest de Bagdad et d’Abdel-Halim B., 19 ans, qui a trouvé la mort en Irak un mois plus tard, le 19 octobre. Le premier jeune Français mort au cours des combats avait été Redouane El-Hakim, 19 ans, tué au cours de la nuit du 17 au 18 juillet dernier à Faloudja, lors de bombardements américains. Son frère ainé, Boubakeur, est détenu en Syrie où il avait été arrêté alors qu’il tentait de franchir la frontière irakienne. Les frères El-Hakim étaient apparus pour la première fois lors d’une enquête de la SAT (Section antiterroriste de la Police judiciaire parisienne) et une perquisition menée dans une salle de prière de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), entraînant sa fermeture le 24 juin 2004 par arrêté préfectoral.

"Une ou deux dizaines"

Les services français spécialisés dans la lutte antiterroriste estimaient à la mi-décembre dernier qu’il n’y avait "pas plus d’une ou deux dizaines de jeunes Français" partis pour l’Irak tandis que selon la DGSE (Direction générale de la surveillance extérieure, ministère de la Défense) un jeune Français "d’origine algérienne serait chef d’un groupe islamiste fort d’une vingtaine d’individus" dans ce pays. Fawzi D. avait quitté sa famille dans l’ouest de la France pour se rendre en Irak via la Syrie au cours de l’été 2004. Outre l’ex-salle de prière de Levallois, les milieux proches de la mosquée Adda’Wa, dans le 19ème arrondissement où a été réalisée l’opération de la DST lundi matin, constituent l’un des viviers de recrutement de jeunes Français pour l’Irak. Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire le 20 septembre, confiée aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard, à la suite d’informations sur d’éventuels suspects susceptibles de constituer une filière irakienne de recrutement de djihadistes en France. Toutefois, "à ce stade, on ne peut pas parler de filières organisées, à l’inverse de ce qu’il s’était passé en Afghanistan", estiment les spécialistes français. Ils restent néanmoins très attentifs au phénomène et entendent particulièrement surveiller les retours de ces jeunes gens car, "si ils reviennent, ce sera avec un prestige accru et ils seraient susceptibles de recruter" ou de monter des dispositifs terroristes, jugent-ils.


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