dimanche 10 décembre 2017

Pierre de Bousquet

AFP

vendredi 10 mars 2006, sélectionné par Spyworld

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Le directeur de la surveillance du territoire (DST) Pierre de Bousquet de Florian juge légitime de soutenir "les projets économiques nationaux".

QUESTION : Quel rôle joue la DST dans l’Intelligence économique ?

REPONSE : "La DST est chargée de la sécurité économique, c’est à dire l’aspect défensif de l’intelligence économique, avec trois axes prioritaires.

En premier lieu, les établissements à régime restrictif (ERR) qui concernent surtout les industries liées à la défense nationale ;

Ensuite quelque 1.200 entreprises ou centres de recherche relevant des 15 secteurs stratégiques définis par le Haut représentant à l’Intelligence économique (HRIE). Il s’agit de protéger et d’accompagner des technologies dans lesquelles la France possède un savoir-faire de pointe ;

Enfin, les 67 pôles de compétitivité économique qui mettent en synergie entreprises, universités et centres de recherche sur des projets porteurs de développement économique".

Q : Est-il légitime qu’un service de police se mette au service de son industrie nationale ?

R : "Il ne faut pas avoir le moindre état d’âme à soutenir les projets économiques nationaux. Il est légitime de prévenir une structure de recherche que, derrière le laboratoire avec lequel elle entend travailler, se cache un groupe étranger aux intérêts divergents ; ou qu’une PME sache qu’un investisseur est lié à une organisation criminelle désireuse de s’implanter en France.

La sécurité économique est le coeur de métier de la DST qui défend les intérêts nationaux. Cela peut supposer de raisonner à l’échelle européenne, en collaboration avec nos partenaires de confiance. La nationalité d’une entreprise est-elle fondée par l’origine de son capital, la nationalité de ses dirigeants, son siège social, la localisation de ses emplois ? Nous nous adaptons au cas par cas.

Nous devons cependant être attentifs aux manipulations. Certains peuvent être tentés de nous faire relayer le travail d’un groupe de pression. Nous veillons aussi à éviter les distorsions de concurrence qu’entraînerait une diffusion inéquitable de l’information".

Q : Quels sont les points faibles de la France ?

R : "Bien que les choses s’améliorent, ils résident plutôt dans les PME, dotées d’une culture de sécurité insuffisante. Par ailleurs, faute de financement, leur capacité de résistance aux sollicitations extérieures, notamment pour développer ou conserver un brevet, est faible.

Mieux armées, les grandes entreprises doivent poursuivre leur +aggiornamento+. Il y a 20 ans, les DRH sont entrés dans les comités exécutifs ; il y a 10 ans, les directeurs de l’environnement les ont rejoints. Quand les responsables de l’intelligence économique y siègeront-ils ?

La France s’efforce de rattraper son retard comme le montre la prise en compte par le gouvernement de l’intelligence économique comme véritable politique publique. Inspirons nous de l’adage +Ce qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique+".


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